Washington préoccupé par le sort du journaliste arrêté Ali Anouzla

Washington préoccupé par le sort du journaliste arrêté Ali Anouzla

Les Etats-Unis se sont émus mercredi du sort d’un journaliste marocain Ali Anouzla inculpé dans son pays pour « incitation au terrorisme » après la publication d’un lien renvoyant vers une vidéo d’Al-Qaïda s’en prenant au Maroc.

« La décision du gouvernement marocain d’inculper M. (Ali) Anouzla nous inquiète. Nous soutenons les libertés d’expression et de la presse et, comme nous l’affirmons en permanence, les droits universels forment une partie indispensable de toute société », a réagi la porte-parole adjointe du département d’Etat, Marie Harf.

« Nous exhortons les autorités marocaines à traiter cette affaire de manière juste et transparente conformément au droit marocain et aux obligations internationales du Maroc », a poursuivi la responsable lors de son point de presse, laissant entendre que Washington était en contact direct avec Rabat sur ce dossier.

Directeur de la version arabophone du site d’informations Lakome, Ali Anouzla a été arrêté le 17 septembre à Rabat « à la suite de la diffusion (…) d’une vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) incitant à commettre des actes terroristes » au Maroc, selon le procureur général du roi.

Cette vidéo, intitulée « Maroc : le royaume de la corruption et du despotisme », cible exclusivement ce pays, une première. Elle appelle au jihad et fustige la monarchie marocaine.

Dans un article en arabe qui lui était consacré, Lakome, un média indépendant, avait renvoyé vers le site internet du quotidien espagnol El Pais, où la vidéo était disponible. Rabat a également dit vouloir poursuivre le journal, mais aucune plainte n’a pour l’heure été confirmée.

Après une semaine de garde à vue, M. Anouzla a, lui, été inculpé la semaine dernière pour « assistance matérielle », « apologie » et « incitation à l’exécution d’actes terroristes ». Il a été incarcéré à Salé, près de Rabat, où sont détenues les personnes impliquées dans des affaires de terrorisme.

Plusieurs manifestations de soutien se sont tenues à Rabat et les organisations Reporters sans frontières, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé cette arrestation.

Mme Harf du département d’Etat a précisé que de manière générale les Etats-Unis avaient un dialogue « ouvert et productif » avec le Maroc en matière de droits de l’homme.

Mots Clefs:
Maroc

À propos Ahmed Belaarej

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *