Voici les vraies raisons de l’hostilité entre Benkirane et Chabat d’aprés ke journal Akhbar Alyawm

Voici les vraies raisons de l’hostilité entre Benkirane et Chabat d’aprés ke journal Akhbar Alyawm

Lundi soir, Hamid Chabat, le Secrétaire général du parti de l’Istiqlal devait rencontrer, au siège du parti, ses ministres, ses députés et ses pairs au Comité exécutif ; tout ce monde devait parler des vraies raisons des désaccords et divergences de Chabat avec le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, ainsi que du Conseil national d’avril prochain, dont l’ordre du jour devrait comporter un seul et unique point, à savoir le maintien du parti au sein de la coalition gouvernementale ou le passage à l’opposition.

 

Selon certaines de nos sources, le conflit entre les deux leaders politiques est devenu d’abord et avant tout une affaire personnelle, aucun des deux hommes n’acceptant de faire des concessions au bénéfice de la majorité. L’hostilité entre Benkirane et Chabat, toujours selon ces mêmes sources, revient à quatre points essentiels qui ont fait d’une petite inimitié une grande hostilité, menaçant d’emporter l’ensemble du gouvernement.

Premier point de discorde : Suite à son élection à la tête de l’Istiqlal, Chabat avait reçu les félicitations de tout le microcosme politique, à l’exception du chef du gouvernement. Le nouveau patron des Istiqlaliens avait commenté la chose par les propos suivants : « Le roi Mohammed VI m’a reçu, m’a félicité et s’est entretenu avec moi des affaires du parti ; Benkirane lui, et bien que nous soyons alliés dans le même gouvernement, ne s’est même pas donné la peine de me présenter ses félicitations ». L’orgueil de Chabat n’aura pas supporté l’outrage et l’homme avait promis une suite à cela. Tout le monde pensait que l’animosité ne concernait que les deux leaders, mais voilà que suite à tout cela, Taoufiq Hjira avait été élu à la tête du Conseil national de l’Istiqlal, et là encore, Benkirane avait fait le mort, suggérant cette fois-ci que son hostilité allait au parti tout entier et non seulement à ses chefs.

Second point de discorde : Lors de la première et dernière réunion de la majorité, suite à l’élection de Chabat, Benkirane l’avait raillé, lui disant en substance que « j’ai perdu le sommeil à l’instant même où tu as été élu à la tête de l’Istiqlal »… puis le chef du gouvernement avait pris de haut le chef de l’Istiqlal quand, en référence aux déclarations de ce dernier dans les médias, Benkirane lui avait dit « va écrire tout cela sur un bout de papier et apporte-le moi ». Après cela, piqué au vif, Chabat a rompu les canaux de discussion et refusait désormais de s’asseoir à la même table que son rival, et les choses se sont envenimées de plus en plus, de jour en jour…

Troisième point de discorde : Prenant son adversaire à la lettre, Chabat avait rédigé un mémorandum, le fameux mémorandum, comprenant toutes les revendications et les griefs de l’Istiqlal, et l’avait remis à la présidence du gouvernement. Pour ce dirigeant de l’Istiqlal, « Benkirane pense à tort que c’est le peuple qui l’a placé à la tête du gouvernement, ce qui est une grave erreur : le peuple lui a simplement conféré la première position, mais c’est la coalition qui lui a permis d’occuper la fonction qui est la sienne aujourd’hui ». Toujours est-il que le mémorandum a creusé encore plus le fossé séparant le n°1 et le n°2 du gouvernement.

Quatrième point de discorde : Abdelilah Benkirane avait adressé des invitations aux chefs des groupes parlementaires pour s’entretenir de choses et d’autres, ce qui a suscité la colère de Chabat qui a interdit à ses deux responsables d’aller à ces réunions, deux fois de suite, estimant que les discussions, tractations et négociations devaient se tenir entre les chefs des partis et non les chefs des groupes parlementaires.

En plus de cela, un autre point de détail, mais qui a son importance. Ainsi donc, la majorité gouvernementale dispose d’un secrétariat, dirigé par le chef du cabinet de Benkirane, Jamaâ Mouâtassim. Mais ce secrétariat avait besoin d’un coordinateur. Benkirane avait donc envoyé un courrier à l’Istiqlal, un soir vers 18 heures, l’y « enjoignant d’indiquer le nom du coordinateur, demain à la première heure », un style autoritaire qui n’avait pas eu l’heur de plaire à Hamid Chabat… qui lui avait même très fortement déplu.

La réunion de lundi devait aboutir à des décisions aussi cruciales qui compliqueront encore davantage les choses, bien plus qu’elles ne le sont déjà.

Mots Clefs:
Benkirane

À propos Abdellah Miloudy

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