Visite du ministre des Affaires étrangères en Algérie

Visite du ministre des Affaires étrangères en Algérie

L’annonce, vendredi à Rabat, de la visite du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Saâd-Eddine El Othmani en Algérie, les 23 et 24 janvier, est un geste positif donnant à penser qu’un nouveau climat commence à s’installer dans les relations entre le Maroc et l’Algérie, à la faveur notamment du contexte né de l’après échéance législative du 25 novembre 2011 et de la nouvelle donne régionale.

La conjonction de ces facteurs a tout lieu d’inciter les deux parties à s’inscrire dans une nouvelle dynamique salutaire et dépasser la stagnation qui marque depuis des années les relations entre les deux pays, en relation avec la question du Sahara.

Cette démarche a tout l’air de conforter les signes de dégel perceptibles depuis quelques temps dans les relations maroco-algériennes. Le ton en a été donné par un certain nombre de faits et déclarations, notamment celles du ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci, qui le 3 janvier, avait affirmé que l’Algérie poursuivra ses efforts en vue de « normaliser » ses relations avec le Maroc.

S’exprimant à la radio nationale algérienne, M. Medelci avait expliqué que la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc « n’a jamais été une décision irréversible » et que « la réconciliation avec le Maroc sera consolidée avec le nouveau gouvernement marocain ».

La disponibilité au dialogue et la normalisation complète des relations sont indubitablement des constantes dans la politique étrangère du Royaume envers l’Algérie, partant de son souci de créer les conditions nécessaires pour la relance de l’Union du Maghreb arabe, rêve tant caressé depuis des lustres par les cinq peuples maghrébins, et que la fermeture des frontières entre les deux pays, par décision unilatérale algérienne en 1994, n’a fait que contrarier.

La volonté de normalisation du Maroc avec le voisin algérien vient encore d’être réaffirmée par le nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, dans la déclaration gouvernementale présentée jeudi devant le Parlement.

Il a notamment annoncé que le gouvernement s’attellera, en ce qui concerne le voisinage immédiat, « à renforcer la dynamique positive qu’ont connue dernièrement les relations maroco-algériennes en vue de favoriser la normalisation totale des relations avec l’Algérie, y compris l’ouverture des frontières terrestres, prenant en compte en cela la profondeur des liens religieux et historiques qui unissent les deux peuples frères (Œ) et eu égard aux défis communs et à l’impératif de réaliser l’intégration maghrébine ».

De même, il a affiché la détermination du gouvernement de « dynamiser l’Union du Maghreb arabe en tant qu’option stratégique, et ce à la faveur de l’établissement d’un système maghrébin nouveau basé sur la fraternité, la confiance, l’entente et le bon voisinage et le respect des constantes nationales et de l’unité territoriale de chacun des cinq pays membres ».

Autre signe des développements positifs dans la région, la confirmation, début janvier, par le chef de la diplomatie algérienne que les ministres des Affaires étrangères de l’UMA se réuniront le mois prochain au Maroc.

« Les changements survenus en Tunisie, en Libye et dans d’autres pays arabes ne peuvent que nous encourager à accélérer la construction de l’UMA », a-t-il fait valoir.

Les observateurs n’auront pas manqué en outre de relever comme un fait peu anodin, le message de félicitations de l’Algérie au Maroc pour le succès des élections du 25 novembre, qualifiant ces élections législatives « d’étape importante dans la consolidation de la démocratie » dans le pays et affichant « la volonté de l’Algérie de coopérer » avec le nouveau gouvernement.

Autre signe d’un début de détente dans les relations entre l’Algérie et le Maroc, les deux pays voisins avaient signé mercredi 23 novembre à Alger plusieurs accords portant sur la coopération agricole.

Ces accords couvrent plusieurs domaines, allant de l’apiculture à des travaux qui seront réalisés en coopération avec la fondation Filaha Inov, organisatrice du Salon annuel de l’agriculture d’Alger, dont le Maroc était l’invité d’honneur.

A cette occasion le ministre algérien de l’Agriculture Rachid Benaissa, a souligné que la présence d’une délégation marocaine forte de 150 opérateurs de haut niveau, était un signe de « l’intérêt commun de construire des relations fortes entre nos deux pays ».

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