Visite controversée du Prince Édouard sur le rocher de Gibraltar

Visite controversée du Prince Édouard sur le rocher de Gibraltar

Le « Rocher » est au cœur d’un conflit diplomatique entre l’Espagne et le Royaume-Uni.

l faut remonter au Traité d’Utrecht de 1713, qui mit fin à la guerre de succession d’Espagne et qui installa la maison française des Bourbons sur le trone ibérique, pour retrouver l’origine du problème de Gibraltar. Situé dans la baie du même nom, en Andalousie, ce territoire de 6 km² et peuplé de 30 000 habitants est le point épineux des relations anglo-espagnoles depuis 300 ans, moment où le roi Philippe V a accepté de céder le rocher conquis en 1704 par la flotte de l’amiral Rooke.

Des tensions ravivées

Alors que le conflit s’était peu à peu apaisé depuis quelques années, il a été ravivé ces derniers temps à propos de ses zones de pêche. Depuis 1999, un accord permet aux bateaux de pêche espagnols de s’introduire dans les eaux du territoire gibraltarien. Début mai, le nouveau ministre en chef, Fabian Picando, a pourtant décidé de refuser l’accès aux navires espagnols, il justifie sa décision par le fait que « l’Espagne possède 8 000 km de cotes »  et demande si « ce sont 3 km qui vont remettre en cause sa pêche ? ».

Les autorités espagnoles ont réagi en annonçant que les bateaux de pêche seront désormais escortés par la « Guarda Civil »  (la gendarmerie espagnole) et ont renforcé les controles aux frontières du petit territoire. Mesure plus symbolique, la reine Sofia a déclaré mi-mai que, dans ces conditions, elle n’assistera pas au dîner organisé pour le jubilé de la reine d’Angleterre, Elisabeth II.

« Une visite profondément malvenue »

C’est dans ce contexte que le prince Edouard, accompagné de son épouse Sophie Rhys-Jones, est arrivé le lundi 11 juin dans la soirée à Gibraltar pour une visite officielle de 3 jours et au cours de laquelle l’image de la reine devrait être projetée sur le fameux rocher, haut de plus de 400 mètres.

« Une visite profondément malvenue »,  avait déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères espagnol Jose Manuel Garcia-Margallo. De son coté, Fabian Picando a accusé la diplomatie espagnole de mener plusieurs actions contre la souveraineté anglaise sur le territoire. Comme par exemple les critiques faites au système fiscal de Gibraltar, très avantageux pour les entreprises, accusé d’attirer des compagnies dont les activités portent pourtant sur le territoire espagnol.

Des largesses fiscales qui ne sont sans doute pas étrangères au refus à 99 % d’une souveraineté partagée entre les deux pays lors d’un référendum organisé en 2002.

VINCENT LENOIR

À propos François Deville

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