Visa Schengen : … Un crachat de l’UE dans la soupe de la coopération institutionnelle avec le Maroc

Visa Schengen : … Un crachat de l’UE dans la soupe de la coopération institutionnelle avec le Maroc

Sans regret, je n’ai pas réussi à déposer le dossier de demande de visa auprès du service consulaire (Marrakech) de l’ambassade d’Espagne au Maroc. Les motivations qui m’ont incité à rédiger cet article est mon souhait de faire entendre la voix d’universitaires, ô combien nombreux, qui expriment leur mécontentement et leur répugnance des formalités d’obtention de visa Schengen.

En effet, après avoir pris rendez-vous pour le dépôt du dossier, qui a été pour le 18 Février 2015 à 9h, je me suis présenté au service mandaté à Marrakech à l’heure fixée. Une fois devant la personne chargé de la réception du dossier, elle m’a fait remarquer que la réservation de l’hôtel que j’ai remise n’est pas valable (j’ai remis une copie du courriel de confirmation de la réservation envoyée par l’hôtel San Mames à Léon, Espagne). Elle m’a donné un délai de 30mn pour faire le nécessaire auprès de l’hôtel en question. Devant cette situation, j’ai contacté M. Rafael De Paz Uruena en charge des relations internationales à l’université de Léon pour m’aider en intervenant auprès de l’hôtel pour accélérer l’obtention d’une nouvelle réservation.

Tous ces efforts se sont avérés inutiles et j’ai décidé ainsi de laisser tomber. Au passage, l’employée m’a fait savoir que le délai est court et qu’il y a le risque de ne pas obtenir le visa à temps (pour le Mercredi 25/02/2015, date du voyage) même en ayant un dossier complet. Ce désagrément m’a incité à vous faire partager les réflexions suivantes :

L’Union Européenne ambitionne et met en place des programmes de coopération institutionnelle avec le Maroc dans divers domaines et secteurs d’intérêt commun. Bien entendu, ces programmes mobilisent des ressources humaines entre les soi-disant partenaires. Seulement, nous pouvons constater que la mise en œuvre de cette coopération est boiteuse à cause des restrictions et obstacles érigés par l’UE à travers le système de visa qui ne favorise pas la mobilité Maroc UE. Mon propos ne concerne que la mobilité institutionnelle du personnel des institutions marocaines dans le cadre d’accords de coopération et de partenariat.

La délivrance de visa de Schengen, à priori régie par la même législation européenne, est sujet à des aberrations procédurales selon les pays signataires du traité Schengen. Ici, je limiterai mon propos au cas du service en charge des visas à Marrakech mandaté par l’ambassade d’Espagne au Maroc au sujet duquel j’ai relevé les anomalies et les défauts suivants desquels se dégage un mépris des ressortissants marocains :


  1. 1Impossibilité d’obtention de renseignements via la ligne téléphonique, la messagerie électronique et les liens de contact mentionnés sur le site VFS GLOBAL ESPAGNE. J’estime que ces indications qui ne sont pas fonctionnelles ne sont qu’un leurre de communication inexistante !!!
  2. 2Absence de possibilités de recours et de réclamation. La personne de l’accueil se comporte en automate programmable qui n’a pas les compétences d’analyse des situations des demandeurs ; chose qui est pratiquée, à titre d’exemple, par les services consulaires français.
  3. 3Incohérence dans la liste des documents demandés : les documents demandés à l’accueil ne sont pas ceux mentionnés sur le site internet.
  4. 4Difficulté de localisation du service des visas : adresse incomplète. On aurait pu, dans le cas où on avait un minimum de respect des usagers, insérer sur le site internet, la position sur une carte Google Maps afin de faciliter sa localisation. Je serais plus indulgent s’il s’agissait d’un service offert par un pays du tiers-monde, ce qui n’est pas le cas ici.


En guise de conclusion, je voudrais m’interroger à voix haute en posant la question suivante : A quoi serviraient ces programmes de coopération Maroc-UE si les ressources humaines des institutions marocaines sont confrontées à des problèmes de visa qui rendent difficile ou empêchent leur mobilité vers les pays de l’UE ? Ces programmes ne sont-ils pas tronqués et biaisés par l’absence d’une harmonie dans leur opérationnalisation ? La réussite desdits programmes est, sans aucun doute, tributaire d’échanges humains entre les deux partenaires.

Les pays de l’UE devraient prendre conscience que les restrictions de mobilité instaurées à l’égard des marocains, surtout ceux ayant une motivation professionnelle, n’a plus raison d’être, eu égard au développement socio-
économique récent du Maroc. Le temps de l’immigration massive de marocains vers l’UE est révolu et on peut même prétendre que le sens du flux s’est inversé, surtout du côté de l’Espagne !!! On peut s’en rendre compte en se rendant dans les provinces du Nord marocain pour évaluer le nombre de ressortissants espagnoles qui s’y sont installés à cause de la crise économique récente de leur pays !!!

L’Europe n’est plus pour bon nombre de marocains ce paradis d’Eden qui les faisait rêver il y a quelques années de ça…

À propos Abdelhalim BENYOUCEF

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