Une religieuse espagnole accusée de trafic de bébés marocains

Une religieuse espagnole accusée de trafic de bébés marocains

A 80 ans, Soeur Maria, une religieuse espagnole, vient d’être rattrapée par son passé. Convoquée par un juge de Madrid qui enquête sur le vol d’une petite fille en 1982, elle est la première personne poursuivie dans l’affaire des milliers de bébés volés durant la période franquiste (1939-1975) et qui scandalise l’Espagne.

Mais l’affaire ne s’arrête pas aux frontières espagnoles: elle aurait aussi de probables ramifications marocaines.

Le site Nador City qui fait état d’un rapport d’enquête de l’Association du Rif pour les droits de l’Homme fait état du même scandale impliquant des bébés marocains.

Le rapport affirme qu’une autre religieuse espagnole du nom de Sor Mercedes Hoces, aujourd’hui retraitée à Grenade, serait impliquée dans la vente de milliers de nouveaux-nés marocains, notamment à des familles chrétiennes espagnoles.

Les chiffres avancés par l’association font état de 25.000 enfants à avoir été vendus à des Européens, notamment en Espagne depuis le milieu des années 70.

La plupart de ces nourrissons seraient nés dans un centre de la Croix Rouge de l’enclave espagnole de Mélilla au nord du Maroc.

Dans les années 70 et 80 et avant l’instauration d’un visa pour les ressortissants marocains, de nombreuses filles-mères et de femmes enceintes marocaines qui se refusaient à avorter pour des raisons religieuses auraient confié leurs bébés à Sor Mercedes Hoces qui leur promettait de les élever dans des orphelinats ou de les placer dans des familles d’adoption en Espagne.

Selon l’ONG qui affirme avoir recueilli de nombreux témoignages, le prix de vente des bébés oscillait entre 350 et 900 euros.

Le journal saoudien Al-Riyadh avance que l’ONG marocaine à l’origine de l’enquête a sollicité les autorités pour «l’ouverture d’une enquête urgente».

Le trafic de bébés avait déjà défrayé la chronique au Maroc. En 2010, Une sage-femme a été condamnée par un tribunal à six ans de prison ferme pour trafic de nouveaux-nés à la suite du démantèlement d’un réseau qui avait été considéré comme le premier du genre dans le royaume.

Zoubida Kheddar, âgée de 65 ans à l’époque des faits et retraitée d’une maternité à Casablanca, se livrait depuis 2002 au commerce de bébés, nés de mères célibataires consentantes, selon l’accusation. L’accusée veillait dans son domicile aux accouchements des nouveaux-nés avant de les «vendre à des femmes désireuses de les adopter».

Chaque nouveau-né était «vendu à environ 38.000 dirhams» (3.400 euros), avait rapporté la presse marocaine. Avec la complicité de trois fonctionnaires, l’accusée se chargeait également de l’inscription des nourrissons sur les registres de l’état civil, selon les accusations du Parquet.

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Maroc

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