Une militante du PJD poursuivie pour « menaces » contre l’ambassadeur d’Egypte

Une militante du PJD poursuivie pour « menaces » contre l’ambassadeur d’Egypte

Une militante islamiste fait l’objet de poursuites pour « menaces » au Maroc après avoir téléphoné à l’ambassade d’Egypte à Rabat pour exprimer son soutien au président islamiste déchu Mohamed Morsi, a annoncé samedi son avocat.

Khadija Mansouri, 25 ans et membre du parti islamiste marocain Justice et développement (PJD), mouvement à la tête du gouvernement, sera jugée le 12 février à la suite d’une plainte déposée par l’ambassadeur.

Le 31 décembre, la jeune femme a appelé l’ambassade et a déclaré au fonctionnaire ayant décroché que les nouvelles autorités égyptiennes n’étaient pas légitimes et que l' »ambassadeur devait donc quitter le territoire », selon l’avocat.

L’ambassadeur a porté plainte pour « menaces ». « Elle a été arrêtée à son domicile à Berrechid (centre) et interrogée par le parquet de Rabat, avant d’être relâchée », a-t-il ajouté.

« Elle est sereine. (…) Pour nous, elle n’a fait qu’exprimer son opinion, sans la moindre menace », a-t-il insisté.

Cantonnés dans l’opposition pendant des décennies, les islamistes du PJD ont remporté un succès historique aux législatives de fin 2011, dans le contexte du Printemps arabe.

Mais faute de majorité, ils ont dû former une coalition hétéroclite au sein de laquelle ils sont même devenus minoritaires depuis un remaniement en octobre.

Leur victoire électorale avait soulevé un vent d’espoir au Maroc, quelques mois après l’adoption d’une nouvelle Constitution censée renforcer les pouvoirs du gouvernement.

Ces derniers mois, les principaux dirigeants du PJD, dont le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, n’ont jamais pris publiquement parti en faveur des Frères musulmans et de M. Morsi, élu en juin 2012 et destitué par l’armée en juillet 2013.

En août, des députés et sympathisants du PJD avaient toutefois participé à une importante manifestation pro-Morsi à Rabat. Quelque 10.000 personnes avaient répondu à un appel principalement lancé par la mouvance islamiste Justice et Bienfaisance (« Al Adl wal Ihsane »), interdite mais tolérée au Maroc.

La foule avait réclamé le départ de l’ambassadeur égyptien.

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