Une coopération sécuritaire, oui, mais l’Espagne doit payer

Une coopération sécuritaire, oui, mais l’Espagne doit payer
0 commentaires, 05/09/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

La visite entreprise dernièrement par le Directeur général de la Sûreté nationale en Espagne et dont l’objet principal était la coordination sécuritaire entre l’Espagne et le Maroc est un évènement majeur dans les relations entre les deux nations ; les Marocains, dans leur ensemble, ne peuvent que soutenir la mise en œuvre et le renforcement d’une telle coordination des services de sécurité de deux Etats voisins que la géographie a obligatoirement contraint à entretenir de bonne relations pour la protection de leurs intérêts mutuels.

Cependant, le problème principal, profond, dans la question de la coordination sécuritaire entre Madrid et Rabat consiste dans cette approche sélective dont fait montre l’Espagne à ce propos.

Parlons franchement : l’Espagne ne représente aucune menace sécuritaire pour le Maroc, et inversement. Mais le Maroc est un point de passage obligé pour tous les risques et périls qui passent du sud de la Méditerranée au nord, pour se répandre ensuite dans tout l’espace européen, en passant par la péninsule ibérique. De fait, et pour cette raison, le principal bénéficiaire d’une telle collaboration sécuritaire est d’abord et avant tout l’Espagne, bien que le Maroc en profite également en marquant des points à travers sa participation à l’effort international consenti dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la traite humaine et le trafic de stupéfiants.

Cela signifie que notre voisin du nord doit prendre conscience qu’il est largement gagnant dans sa coopération et sa coordination sécuritaires avec le Maroc. Et, dans ce cas, il serait inspiré de généraliser ces relations de collaboration avec le Maroc, d’abandonner son attitude hautaine, consistant à ne voir dans le Maroc que ce gendarme chargé de protéger et de veiller à la sécurité de l’Espagne.

Les efforts colossaux consentis par le Maroc en matière sécuritaire, à tous les niveaux, sont très coûteux. Cela est évident au niveau du controle des armées d’immigrés clandestins subsahariens, une politique très onéreuse car il suffit qu’il arrive quelque malheur à un seul de ces immigrés en transit chez nous pour que Rabat en paie le prix fort ; mais cela est encore plus visible en matière de lutte contre le terrorisme ou le trafic de drogue, entre autres problèmes de sécurité.

Madrid doit donc être également un contributeur financier pour ces efforts dont elle profite. Cela n’est pas un appel à la charité, mais c’est la dure réalité, tant il est vrai que les Marocains, ici, financent la sécurité des Espagnols, chez eux. Et puis, par ailleurs, l’Espagne et ses services de renseignement qui connaissent les plus infimes détails de chaque pouce de terrain à l’est du Maroc savent parfaitement par où passent tous ces immigrés qui arrivent du Sahel, ce qui fait que Madrid est gracieusement invité à s’en ouvrir auprès des Algériens.

Nous sommes en faveur d’une coordination sécuritaire, mais une coordination équitable, objective et équilibrée… Nous ne sommes les protecteurs de personne.

Mots Clefs:
Maroc

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