Un « navire pour l’avortement » attendu au Maroc, où cet acte est illégal

Un « navire pour l’avortement » attendu au Maroc, où cet acte est illégal

Un « navire pour l’avortement » néerlandais a pour la première fois mis le cap sur un pays musulman, le Maroc, pour offrir des conditions sanitaires améliorées à cette pratique illégale mais très répandue dans le royaume, a-t-on appris lundi auprès des organisateurs.

Dans un communiqué, l’ONG « Women on waves » a assuré « être en mesure de fournir aux femmes des avortements médicaux légaux en vertu du droit néerlandais, en naviguant dans les eaux internationales ».

L’avortement est illégal au Maroc mais est pratiqué clandestinement par 600 à 800 femmes par jour, selon des estimations.

« Le problème est que, sur ce total, seules 200 femmes bénéficient de la qualité de soins requise, celles qui en ont les moyens », a indiqué la fondatrice de l’ONG, Rebecca Gomperts, jointe au téléphone par l’AFP. Selon elle, 78 femmes meurent chaque année au Maroc des suites d’un avortement clandestin.

Mme Gomperts a précisé que son ONG répondait à l’invitation d’un collectif marocain, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), et comptait communiquer mercredi « le lieu et le jour d’arrivée » du bateau. « Nous espérons qu’il pourra rester jusqu’à une semaine », a-t-elle souligné.

Si l’ONG néerlandaise a déjà mené de telles actions en Europe, sa démarche est inédite s’agissant d’un pays musulman qui a en outre élu, fin 2011 et pour la première fois, un gouvernement à majorité islamiste.

Le quotidien arabophone At-Tajdid, proche du PJD, le parti islamiste au pouvoir, s’est interrogé dans son édition de lundi sur l’attitude qu’adoptera le gouvernement à l’égard de cette initiative.

« Jusque-là, nous n’avons pas rencontré de problème », a déclaré à l’AFP Ibtissame Betty Lachgar, du collectif Mali.

Pour sa part, Mme Gomperts a jugé cette réaction « difficile à prévoir ». « J’imagine que cela peut être perçu comme une provocation par certains groupes religieux. Mais c’est de la santé des femmes dont il s’agit. Ca n’a rien à voir avec la religion », a-t-elle souligné.

Women on waves a mené ces dernières années des actions similaires au large de l’Irlande, de la Pologne, du Portugal et des l’Espagne, provoquant à chaque fois des protestations de groupes opposés à l’avortement.

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