Un jour prochain, les Marocains disparaîtront !

Un jour prochain, les Marocains disparaîtront !
0 commentaires, 22/05/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Dans 10 ans, 20 ans, 30 ou 40 ans et même peut-être dans un siècle ou deux, la société regardera autrement les homosexuels, et la loi changera pour ne plus considérer l’homosexualité comme un crime dont les « auteurs » sont embastillés, pas plus qu’elle ne sera étiquetée comme une maladie dont on devra les guérir.

Dans 20 ou 100 ans, les Marocains seront libres de choisir leurs croyances religieuses, et nous n’entendrons plus parler de gendarmes qui investiraient un établissement scolaire pour mettre le grappin sur un enseignant soupçonné d’athéisme.

Il existe aujourd’hui au Maroc une loi qui interdit, et punit donc, ce que l’on appelle les déviances sexuelles, l’homosexualité. Une grande, une immense partie de la société et des médias refusent d’admettre la présence d’homosexuels parmi nous, ils les ignorent, ils les méprisent, ils les ostracisent, ils en font une cible d’attaques directes et/ou morales. Par ailleurs, l’Etat et la société rejettent également la liberté religieuse, et renient à ceux qui veulent croire en quelque chose le droit de croire en ce qu’ils veulent, de même qu’ils interdisent à d’autres le droit de ne croire en rien… Sauf que cette situation et cette pression exercée sur les minorités et sur leurs libertés ne saurait durer éternellement ; en effet, les sociétés humaines avancent et s’inspirent de ce qui se produit autour d’elles. Mais nous, dans ce pays, ce que nous réussissons à faire est de reporter sine die notre rendez-vous avec la liberté, avec la démocratie, avec les droits de l’Homme et avec l’avenir…

Hier soir, une chaîne de télévision française passait au bas de son écran une bande annonçant la condamnation à quatre mois de prison de deux homosexuels de la bonne ville de Temara. Chef d’inculpation : « Déviance sexuelle » et atteinte à la pudeur publique, exactement comme si le Maroc vivait encore au Moyen-âge. Et aujourd’hui, j’apprends sur goud.ma l’arrestation, dans son lycée d’el Jadida, d’un professeur sur lequel pèse la lourde et (très) sérieuse charge d’athéisme. Voilà des informations qui doivent paraître fort curieuses pour des étrangers, des informations qui doivent susciter chez les gens la peur de ce pays qui met aux fers des gens pour aucune autre raison que celle d’être homosexuels ou de croire en autre chose que la religion de la majorité.

Cette haine et ce rejet de l’homosexualité ne sont pas le monopole des sociétés musulmanes ; en effet, les catholiques et leur Eglise romaine, dans des pays avancés et des sociétés évoluées, continuent à ce jour de condamner l’homosexualité. Nous avons ainsi tous suivi le débat franco-français et la scission de la société de ce pays des Lumières, de la modernité et de la liberté autour de la question du mariage pour tous. Mais la marche de l’histoire est ainsi faite que le monde évolue vers l’acceptation de la différence, des différences, vers le rejet de la violence, de la discrimination et de la peur de l’autre. Or, sous nos cieux, les lois vont à rebrousse-poil de cette marche vers l’avenir ; elles persistent à boucher les oreilles et à fermer les yeux sur ce qui se produit à travers le vaste monde. Ce faisant, on ruine la réputation d’un pays qui annonce à cor et à cris son adhésion aux principes universaux des droits de l’Homme et des libertés.

Nous ne pensons absolument pas que notre société puisse changer du jour au lendemain, mais il est certain que dans vingt ans, ou cent, le Maroc se joindra au concert des nations et alors, on découvrira à ce moment-là que l’homosexuel n’est pas un malade ou un déviant. Nous comprendrons alors à quel point nous aurons été injustes avec les gens, nous prendrons la mesure des crimes que nous aurons commis, nous saisirons l’étendue de cette intolérance vis-à-vis de nous-mêmes, et nous mesurerons alors le temps perdu… Mais si, en revanche, nous décidons de ne rien changer et de rester tels que nous sommes aujourd’hui, alors il ne fait pas de doute qu’un jour nous disparaîtrons, dans vingt, quarante ou cent ans, et les historiens du futur évoqueront alors ce pays, cette société et cette autorité qui avaient refusé de coller aux évolutions de leur temps, qui avaient refusé de faire montre de tolérance entre eux, qui se sont renfermés sur eux-mêmes en refusant tout progrès et toute évolution… et qui ont fini par disparaître comme, en leur temps, les mammouths et les dinosaures avaient disparu.

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Maroc

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