UE : Bientôt des poissons nourris à la farine de porc, halal ou pas?

UE : Bientôt des poissons nourris à la farine de porc, halal ou pas?
0 commentaires, 09/03/2013, Par , Dans Couverture, Monde

Pendant que le scandale du Horsegate continue de plus belle en Europe, la Commission européenne a décidé d’autoriser, à nouveau, le recours aux farines animales, à base de porc de bœuf ou de volaille, pour nourrir les poissons d’élevage. Une mesure qui pourrait poser problème aux musulmans d’Europe. 

A partir du 1er juin prochain, les poissons d’élevage pourront, à nouveau, être nourris aux farines animales, appelés également protéines animales transformées (PAT) ou protéines animales tout court. Ces aliments, préparés à base de porc, de poulet ou de bœuf, sont interdits depuis la crise de la vache folle en 1997. Ils viennent, d’être ré-autorisés, le 14 février dernier, par la Commission européenne. Outre les risques liés à cette maladie, ce mode d’alimentation pourrait également poser problème aux musulmans d’Europe, puisque les animaux qui font la base de ces PAT, ne seront pas abattus selon le rite musulman. Mais à la Commission européenne le sujet n’est pas encore à l’ordre du jour.

La Commission « ne s’est pas penchée sur cette question », a fait savoir Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire européen chargé de la Santé et de la Protection des consommateurs, cité mercredi par Le Point. Qu’en est-il alors du coté des responsables musulmans ?

Halal, mais à condition

Pour Saïd Kamali, jurisconsulte et conférencier à la mosquée Sounna à Rabat, contacté ce vendredi matin par Yabiladi.com, les protéines  animales « ne posent pas de problème » pour les musulmans, mais à condition. Selon lui, ces aliments ne doivent pas être dangereux pour la santé. « C’est haram dans le cas où ces protéines s’avèrent nocifs pour la santé », prévient-il. Une éventualité qui commence déjà à faire polémique en France.

Lorsque ces protéines animales avaient été interdites dans l’Union européenne, celles-ci représentaient de sérieux risques de contamination liés à l’épizootie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou autrement dit la maladie de la vache folle. Mais pour la Commission européenne, ce mode d’alimentation est aujourd’hui « conforme aux avis scientifiques les plus récents selon lesquels le risque de transmission d’ESB entre animaux non ruminants est négligeable pour autant qu’il n’y a pas de recyclage entre les espèces ». Et d’ajouter : « la situation épidémiologique actuelle de l’ESB montre que l’UE est désormais dans la phase finale de l’éradication de l’ESB au sein de son cheptel bovin ».

Les PAT seront, par ailleurs constituées « d’os, d’organes ou de tissus non consommés dans nos pays (ndlr : les pays membres de l’UE) et des chutes de parage, de préparation de la viande pour la vente au détail ». Cette composition suscite des réticences chez les responsables musulmans en Belgique.

Un sujet nouveau pour les musulmans

« C’est un sujet nouveau pour la communauté musulmane, qui nécessite une étude approfondie au niveau théologique et scientifique », explique  Semsettin Ugurlu, président de l’Exécutif musulman de Belgique (EMB), interrogé par Le Point. En attendant, « nous nous référons à un cas similaire dans la théologie musulmane connu sous le nom jallâla : la consommation d’animaux qui se nourrissent d’impuretés au sens large », poursuit-il.  « Sur cette question précise, les théologiens musulmans sont partagés en deux points de vue. Certains disent qu’il est haram de manger des animaux qui se nourrissent eux-mêmes d’impuretés. D’autres, plus nuancés, disent qu’il est makrouh (ndlr : déconseillé) de consommer de tels animaux. « Ces deux points de vue peuvent être pris en compte par les musulmans dans l’attente d’une étude approfondie et spécifique », ajoute le président de l’EMB.

En France, le Conseil français du culte musulman ne s’est pas encore prononcé sur la question. En tout les cas, à partir du 1er juin prochain, les musulmans de France devraient avoir le choix entre trois types de poissons dans les marchés et les grandes surfaces, en l’occurrence : Les poissons élevés avec des PAT, ceux pêchés en mer et enfin ceux issus d’une  pisciculture sans protéines animales.

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