Tunisie : Suppression d’une taxe de sortie pour les Maghrébins

Tunisie : Suppression d’une taxe de sortie pour les Maghrébins

Le Parlement tunisien a approuvé vendredi la suppression pour les visiteurs des pays du Maghreb d’une taxe de sortie du territoire tunisien, imposée en octobre 2014 et contestée par le sud qui vit largement de divers trafic avec la Libye.

Parmi les 145 députés présents (sur un nombre total de 217), 140 ont voté pour la suppression de cette taxe, a précisé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) sur sa page officielle Facebook.

Sont concernés par l’exemption les ressortissants des pays de l’Union du Maghreb arabe (l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Mauritanie).

En octobre 2014, l’ancien gouvernement de Mehdi Jomaa a imposé une taxe de « solidarité » de 30 dinars (13,91 euros) pour les étrangers quittant le territoire tunisien. Elle visait à renflouer les caisses de l’Etat. Avant cela, seuls les Tunisiens et les étrangers résidents en Tunisie devaient s’acquitter d’une taxe de 60 dinars.

Cette mesure était dès le départ vivement contestée par les habitants du sud notamment de la ville de Ben Guerdane, près du poste frontière de Ras Jedir, qui vivent principalement du commerce informel et de la contrebande de carburant libyen. D’autant que les Algériens avaient été exemptés de payer cet impôt.

La suppression de cette taxe était d’ailleurs parmi les revendications des protestataires lors des heurts qui ont opposé pendant plusieurs jours policiers et manifestants dans le sud tunisien en février. Quelque 1,7 million de Libyens se sont rendus en Tunisie en 2014.

Selon un rapport publié en décembre 2013 par la Banque mondiale, le commerce informel, qu’il soit avec la Libye à l’est ou l’Algérie à l’ouest, coûte à la Tunisie chaque année au moins 1,2 milliard de dinars, soit un peu moins de 600 millions d’euros.

Quelque 328.000 tonnes de produits de contrebande passent notamment par le poste de Ras Jedir chaque année et 20% de la population active de Ben Guerdane vit exclusivement de ce commerce, qui « représente plus de la moitié des échanges bilatéraux avec la Libye ».

À propos François Deville

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