la Syrie se prépare à la guerre

la Syrie se prépare à la guerre
0 commentaires, 29/08/2013, Par , Dans Monde

Contrôles plus stricts aux barrages routiers, renforcement des mesures de sécurité, repositionnement des forces armées, Damas se prépare progressivement à une confrontation avec les Occidentaux qui l’accusent d’une attaque chimique.

Face à la perspective d’une frappe, Rana ressent une « profonde inquiétude ». Elle a décidé de quitter ce soir sa maison à Qoudsaya, au nord de Damas, pour aller chez ses parents dans le quartier de Mazraa, dans le centre-ville.

« Rester chez moi serait dangereux. Avec mon mari, nous allons chez mes parents le temps que les choses s’éclaircissent », explique-t-elle.

Sa maison se trouve sur le mont Qassioun, qui abrite nombre de bases militaires ainsi que des positions d’artillerie souvent utilisées pour viser la banlieue.

De même, Ayssar a plié bagage avec sa femme et leur deux enfants pour les conduire lundi à Beyrouth, où ses beaux-parents ont loué une maison.

Son appartement se trouve juste à côté du bâtiment de l’armée de l’air dans le quartier d’Abou Roummané, une cible quasi-assurée des frappes occidentales.

Les pays occidentaux accusent l’armée d’avoir mené le 21 août une offensive à l’arme chimique qui a fait des centaines de morts près de Damas et se disent prêts à attaquer des cibles du régime pour s’assurer qu’il ne recommence pas.

Le président Bachar al-Assad a assuré jeudi en recevant une délégation yéménite que son pays se défendrait contre toute attaque et que le peuple syrien était « garant de la victoire ».

Dans la capitale syrienne, place forte du régime, la tension est pourtant palpable. L’ambiance est à la mobilisation. Les policiers dans leurs voitures sont prêts à faire face à tout désordre. Des agents de sécurité patrouillent en armes dans certaines rues.

Depuis plusieurs mois, la moitié des rues à Damas sont fermées à la circulation, les barrages, et des sacs de sable protègent les bâtiments publics.

Ce matin, Ammar, un employé, a mis plus de trois heures pour se rendre à son lieu de travail à Damas depuis Qtaïfé, à 50 km au nord-est de la capitale.

« Il y avait un monde monstre, les soldats ont renforcé leurs contrôles, ils ont inspecté toutes les voitures. J’ai l’impression d’avoir fait un long voyage », raconte-t-il, l’air fatigué.

Lana, trente ans, travaille dans une importante organisation humanitaire. Elle affirme que beaucoup de ses collègues ont pris des congés et « comptent voyager en Europe ».

En cas de frappes occidentales, l’armée syrienne se prépare à la pire des hypothèses, a affirmé un responsable des services de sécurité.

« Nous travaillons, comme le font toutes les armées du monde, sur le pire des scénarios. Nous prenons les mesures pour protéger le pays de la frappe et préparer les conditions d’une riposte adéquate », a expliqué ce responsable.

Dans les hôpitaux, la présence des forces de l’ordre a été augmentée. Dans un grand hôpital public en banlieue, huit agents de sécurité en treillis ont ainsi pris position jeudi matin à l’intérieur du bâtiment.

L’armée a aussi commencé à se repositionner ces dernières 48 heures, à Damas mais aussi à Homs et à Hama (centre), en évacuant « des dizaines de sièges de commandement militaire et de commandement de brigades », selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

En près de deux ans et demi, le conflit en Syrie a fait selon l’ONU plus de 100.000 morts, deux millions de réfugiés et des millions de déplacés à l’intérieur du pays.

À propos François Deville

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