Suicide d’une mineure violée: émotion et appels à une réforme de la loi

Suicide d’une mineure violée: émotion et appels à une réforme de la loi

Une ministre du gouvernement islamiste marocain a appelé jeudi à une révision de la loi autorisant le mariage du violeur avec sa victime après le suicide d’une Marocaine de 16 ans contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée.

Les obsèques de la jeune fille qui s’est donnée la mort la semaine dernière se sont déroulés jeudi à Larache (nord) alors que quelque 300 personnes organisaient un sit-in, à l’appel de la Ligue démocratique pour les droits de la femme, devant le tribunal de la localité où le jugement entérinant son mariage avait été prononcé.

La ministre de la solidarité, de la femme et de famille Bassima Hakkaoui, unique femme membre du gouvernement de l’islamiste Abdelrahman Benkirane, a reconnu un « vrai problème » et préconisé un « débat pour réformer cette loi », sur la chaîne de télévision publique II M.

Nouzha Skalli, qui occupait le même poste dans le gouvernement précédent, s’est montrée choquée par cette affaire qui constitue, selon elle « un cri de la société ».

Les deux femmes s’exprimaient sur la chaîne publique qui, fait rare, y consacrait jeudi la quasi totalité de son journal de la mi-journée.

Amina Al Filali s’est suicidée en absorbant de la mort aux rats, après avoir été contrainte à épouser son violeur qui a ainsi échappé à la prison grâce à un article du code pénal du Maroc.

« La loi considère la mineure violée comme une criminelle bien qu’elle soit victime de la violence », a dit Mme Skalli, regrettant « l’absence de protection en faveur des mineurs ».

« Il faut réformer le code pénal afin de l’adapter à la nouvelle constitution (adoptée par référendum en juillet, ndlr) qui interdit la violence contre les femmes et assure l’égalité des sexes », a-t-elle ajouté.

Le drame a provoqué une vaste mobilisation sur la blogosphère et dans les médias et une pétition pour l’abrogation de « l’aticle criminel » a été mis en ligne, recueillant des centaines de signatures en quelques heures.

« Au delà de l’aspect législatif, c’est une affaire de moeurs, de perception de la femme-objet qui perdure, du manque d’éducation à proprement parler et d’éducation sexuelle notamment », estime le quotidien francophone L’Economiste.

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