Sit-in devant le Parlement d’anciens soldats prisonniers au Sahara

Sit-in devant le Parlement d’anciens soldats prisonniers au Sahara

Quelque 200 anciens soldats marocains, prisonniers de guerre durant le conflit au Sahara occidental, organisent depuis lundi des sit-in devant le Parlement à Rabat, demandant une meilleure prise en charge de leurs années de détention.

Ces anciens soldats, qui dans certains cas ont passé plus de 20 ans aux mains du Polisario –le mouvement indépendantiste sahraoui–, avaient établi depuis plusieurs mois un campement dans une rue jouxtant le Parlement. Mais celui-ci a été démantelé dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué le coordinateur du groupe, Samer Abdallah.

« L’opération a eu lieu en pleine nuit, on nous a dit que tout campement était interdit », a-t-il ajouté, une information confirmée de source gouvernementale.

Depuis lundi, ces anciens soldats organisent à la place des sit-in, en journée seulement, devant l’entrée du même édifice.

Selon M. Abdallah, plus de 2.000 ex-prisonniers au total sont concernés. Souffrant de maladies chroniques en rapport avec leurs conditions de détention, ils ont été déclarés inaptes à leur libération –intervenue par vagues successives entre 1996 et 2005– et mis à la retraite.

« Or, les pensions ont été calculées sur la base du grade au moment de notre capture », dans les années 1970 ou 80, a expliqué Samer Abdallah, un ancien sous-officier de l’armée de terre.

Selon lui, ces retraites s’échelonnent de 600 à 3.000 dirhams par mois (55 à 270 euros), « alors que nous sommes nombreux à nous être mariés sur le tard, après notre libération, et à avoir des enfants à charge », a-t-il relevé.

Ces anciens soldats réclament en conséquence une meilleure indemnisation et ont déjà organisé en 2011 des sit-in durant deux mois.

Un « accord partiel » avait été conclu avec les autorités de l’époque, prévoyant « la délivrance de licences de taxi et la mise à disposition de logements », a affirmé M. Abdallah. Mais il n’a pas été suivi d’effets.

Plus récemment, de nouvelles rencontres ont été organisées avec de hauts responsables, dont le Premier ministre Abdelilah Benkirane. « Le gouvernement est en train d’étudier attentivement leurs demandes et leurs dossiers », a-t-on assuré de source gouvernementale à l’AFP.

« Jusque-là les promesses n’ont pas été honorées, et nous sommes déterminés », a pour sa part prévenu Samer Abdallah.

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