Maroc : Des ONG manifestent à Rabat en solidarité avec le Sénégalais tué

Maroc : Des ONG manifestent à Rabat en solidarité avec le Sénégalais tué

Des ONG ont organisé un sit-in jeudi devant le Parlement à Rabat pour exprimer leur « rejet du racisme », en réaction au meurtre d’un Sénégalais lors de violents heurts fin août à Tanger, dans le nord du Maroc, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Tous ensemble contre le racisme », « solidarité avec les migrants du monde entier », « non à l’impunité », ont scandé, dans le calme, quelques dizaines de représentants de ces ONG parmi lesquels l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Conseil des migrants subsahariens au Maroc.

« Nous dénonçons les actes racistes contre les migrants ainsi que le comportement de l’Etat marocain, qui ne sensibilise pas » la population marocaine, a déclaré à l’AFP Khadija Ryadi, une responsable de l’AMDH. « La façon dont ce jeune Sénégalais est mort, égorgé, est un signal d’alarme », a-t-elle ajouté.

Charles Ndour, 26 ans, a été tué dans de violents affrontements nocturnes, fin août à Tanger, entre migrants d’origine subsaharienne et résidents marocains, conséquence de la difficile cohabitation au sein du quartier Boukhalef, en périphérie de la ville.

Au moins quatre personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête. Dans le même temps, les autorités du royaume ont procédé à l’arrestation puis à l’expulsion d’une vingtaine de migrants, essentiellement des Sénégalais et des Maliens. Six autres, également en voie d’expulsion, ont en revanche été libérés après une médiation du Conseil national des droits humains (CNDH, officiel).

Le quartier Boukhalef avait déjà été le théâtre de violents heurts mi-août, occasionnant plusieurs blessés. Fin 2013, de vives tensions avaient vu le jour après le décès de deux migrants dans des circonstances confuses.

Confronté à un afflux aux portes de l’Europe en même temps qu’aux critiques d’ONG, Rabat a lancé une vaste opération de régularisation sur 2014 parmi les 30.000 migrants qui se trouveraient sur son sol.

Jeudi, les autorités ont indiqué que près de 18.000 demandes avaient été déposées depuis le 1er janvier, dont près de 6.000 ont obtenu un avis favorable.

L’AMDH et d’autres ONG continuent néanmoins de critiquer la « lenteur d’escargot » des procédures ainsi qu’un trop grand nombre de rejets de dossiers.

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