Sécurité au Sahel : Une vingtaine de pays en discussion à Rabat

Sécurité au Sahel : Une vingtaine de pays en discussion à Rabat

Une vingtaine de pays et de nombreuses organisations internationales sont réunis jeudi à Rabat, pour explorer les moyens de renforcer la coopération transfrontalière et la lutte contre l’insécurité en Afrique du nord, face notamment à la menace islamiste au Sahel.

Cette conférence, à laquelle participent les chefs de la diplomatie de nombreux pays dont la France, se présente comme le prolongement de la réunion sur la sécurité des frontières qui s’était déroulée en mars 2012 à Tripoli, quelques mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Déjà, les autorités libyennes de transition avaient plaidé pour un « renforcement de la coopération régionale » afin de lutter contre la montée de la criminalité.

Vingt mois plus tard, la situation ne s’est guère améliorée, loin s’en faut, comme l’ont prouvé les événements qui ont secoué le Mali durant l’année écoulée.

La conférence de Rabat donnera lieu à une évaluation de la mise en oeuvre « du plan d’action de Tripoli », avec pour objectif « de renforcer le contrôle et la sécurisation des frontières dans la région », ont indiqué mercredi les organisateurs marocains.

Selon la même source, elle doit permettre de « faciliter l’échange d’expériences et d’expertises », ainsi que « la coopération opérationnelle dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, de la criminalité organisée » et « de l’immigration illégale ».

Une déclaration sera adoptée au terme des travaux, à la mi-journée, avant la tenue d’une conférence de presse.

En tête des préoccupations figure bien évidemment la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ses affiliés, quelques mois après l’intervention française au Mali, où la situation dans le nord reste très préoccupante.

Cette intervention « n’a pas résolu tous les problèmes et la menace est encore diffuse », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

Dans ces conditions, Paris prend part à la conférence « avec la volonté de favoriser la coopération régionale pour accroître la sécurité au Sahel, qui a beaucoup souffert du terrorisme », a-t-il ajouté.

Immigration illégale

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Selon le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha Khalfi, « la question de la stabilité est une priorité, et il faut donner un nouveau souffle à la coopération ». « Il faut prendre en compte les développements liés aux situations libyenne, malienne », a-t-il noté.

Bien que ne disposant pas lui-même de frontières avec le Mali, le Maroc n’a pas masqué ses inquiétudes au cours des derniers mois. Le royaume a annoncé en début d’année le démantèlement de nombreuses « cellules terroristes » et, en septembre, il a été l’objet de menaces inédites d’Aqmi.

Alors que le drame de Lampedusa –île italienne au large de laquelle des centaines de clandestins sont morts cet automne– est encore dans les mémoires, l’immigration illégale occupera aussi une large place.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) sont ainsi présentes à Rabat.

Le Maroc est, là, en première ligne: avec l’Espagne, il doit gérer les innombrables tentatives de franchissement du détroit de Gibraltar ou des enclaves de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique.

Face à cette pression migratoire, Rabat vient d’annoncer une « opération exceptionnelle » de régularisation pour les 25.000 à 40.000 clandestins présents sur son sol.

De passage à Paris au début du mois, Mustapha Khalfi a par ailleurs assuré que son pays était prêt à coopérer avec l’Algérie, par où se fait l’essentiel des entrées clandestines selon Rabat.

Mais, sur ce point, il existe peu d’espoirs d’une avancée. La frontière commune est officiellement fermée depuis 1994, et les deux capitales viennent de vivre une nouvelle crise diplomatique autour du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes soutenus par Alger.

Signe de la défiance, l’Algérie sera représentée jeudi, mais pas par son chef de la diplomatie.

Ce différend bilatéral entrave en outre la mise en oeuvre de l’Union du Maghreb arabe (UMA), un marché potentiel de cinq pays et près de 100 millions d’habitants.

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