Santé: L’interdiction d’exercice dans le secteur privé concerne tous les professionnels du secteur public et valable pour toutes les cliniques

Santé: L’interdiction d’exercice dans le secteur privé concerne tous les professionnels du secteur public et valable pour toutes les cliniques

La décision d’interdire l’exercice dans le secteur privé concerne tous les professionnels de la Santé et sera appliquée à toutes les cliniques y compris celles relevant de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), a souligné le ministre de la Santé Houcine El Ouardi.

M. El Ouardi, qui était l’invité de l’émission « Questions et points de vue » (Qadaya wa Araa) diffusée mardi soir sur la chaîne Al Oula, a indiqué que la décision d’interdiction concerne les médecins du secteur public, les infirmiers et les professeurs universitaires dans les facultés de médecine ainsi que les administrateurs et autres, en application des lois en vigueur, et ce en raison du besoin accru en matière de ressources humaines enregistré dans les hopitaux publics.

Malgré le fait que les hopitaux publics soient équipés, poursuit M. El Ouardi, il est difficile d’offrir des services sanitaires de qualité en l’absence des ressources humaines nécessaires, ajoutant qu’à cause de cette situation le Maroc est classé par l’OMS au 57è rang parmi les pays qui souffrent de carence en matière de ressources humaines.

Le Maroc a besoin aujourd’hui de 7.000 médecins et 9.000 infirmiers, au moment où des cadres du secteur public passent « la majorité de leur temps dans les cliniques privées », a-t-il dit, soulignant que le ministère de la Santé est tenu de concerter et d’écouter toutes les composantes du secteur de la santé, en vue de résoudre en même temps et les problèmes des citoyens et ceux du personnel de la santé.

Par ailleurs, M. El Ouardi a indiqué que la politique médicamenteuse a pour objectif de mettre à niveau le secteur de la santé dans sa globalité, et ne peut être réduite à la décision de réduction des prix des médicaments, qui a été prise récemment en concertation avec les professionnels du secteur.

La politique médicamenteuse dont les fondements ont été tracés, verra le jour en décembre prochain, en vue de pallier aux dysfonctionnements et de mettre à niveau le secteur de la Santé, a-t-il ajouté.

Selon le ministre, les prix élevés des médicaments au Maroc peuvent être expliqués par le décret de 1969, devenu caduc et doit être actualisé, au pouvoir d’achat du citoyen marocain qui dépense moins de 400 dirhams par an pour l’achat de médicaments et à la TVA sur les médicaments qui est de l’ordre de 7 pc et qui est payée en fin de compte par le simple citoyen.

Le président de la section nord de l’ordre national des pharmaciens, Mustapha Sadess a salué la décision de baisser les prix des médicaments, qui a concerné, dans une première étape 302 médicaments de maladies chroniques et graves, notant qu’il faut respecter la marge de bénéfice du pharmacien.

Il a également rendu hommage au ministère de la santé qui a opté pour l’approche participative dans la prise de cette décision et a pris en compte la nécessité de garantir une vie digne aux pharmaciens lors des négociations qui ont duré trois mois, faisant remarquer que la situation financière de plusieurs pharmacies n’est pas reluisante. Certaines officines sont même au bord de la faillite, a-t-il observé.

M. Sadess a encore appelé à respecter les circuits naturels de vente des médicaments, qui sont les pharmacies, et à effectuer les opérations d’inspection et de controle.

De son coté, le secrétaire général du rassemblement des médecins spécialistes du secteur privé, Said Afif, a plaidé en faveur de l’élargissement de la couverture médicale, indiquant que seuls 34 pc des Marocains en bénéficient, outre 28 pc titulaires du programme RAMED, tandis que 37 pc ne disposent d’aucune couverture.

Il a également souligné la nécessité de respecter la loi interdisant aux employés du secteur public de travailler dans le secteur privé, tout en assurant la continuité des soins fournis aux personnes malades et en trouvant les solutions idoines pour que cette mesure n’ait pas d’impact sur le fonctionnement des cliniques publiques.

Pour le député du RNI, Noureddine Lazrak, la réduction du prix des médicaments est une initiative « positive » étant donné que « les prix des médicaments au Maroc sont trop élevés comparativement à plusieurs autres pays ». Il a, toutefois, noté que cette décision doit avoir un impact direct et palpable pour les citoyens et ce, en publiant la liste des médicaments concernés par cette baisse.

M. Lazrak a, de même, considéré que le décret 1969 relatif aux médicaments est actuellement dépassé, appelant à améliorer l’accès des citoyens aux médicaments, élargir la couverture médicale, encourager le recours aux médicaments génériques tout en garantissant leur qualité et résoudre de façon efficace le problème de la contrebande des médicaments.

Il a également estimé qu’il est important de permettre aux pharmaciens de dégager une meilleure marge bénéficiaire sur les médicaments génériques et de former les ressources humaines pour combler le déficit en cadres médicaux, qualifiant la décision de « courageuse », tout en appelant au dialogue entre l’ensemble des parties concernées afin que cette loi soit mise en Âœuvre d’une façon qui serve les intérêts des citoyens.

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Marocsanté

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