Salé : Le projet social Shems’y devient l’École nationale du cirque du Maroc

Salé : Le projet social Shems’y devient l’École nationale du cirque du Maroc

« Ici, j’ai trouvé ma passion », lance Nadia, élève de « Shems’y », un projet pour enfants défavorisés dont la spectaculaire réussite l’a propulsé au rang d’Ecole nationale du cirque du Maroc.

Derrière les remparts de l’ancienne cité corsaire de Salé, ville jumelle de Rabat, voilà bientôt 20 ans que Shems’y (« mon soleil ») a planté son chapiteau face aux rouleaux de l’océan. Son directeur, Alain Laëron, raconte qu’à l’époque, il s’agissait d’une simple association « pour enfants en difficulté ».

Le but était de leur donner envie de « vivre ensemble », « de leur redonner goût à la vie avec des thématiques artistiques », ajoute ce Français, impliqué dans le projet depuis son origine.

L’idée, alors, était notamment de s’appuyer sur la « tradition ancestrale » que constitue l’acrobatie au Maroc.

« Les habitations du Maroc ancien étaient souvent protégées par des remparts. Pour les franchir, les tribus avaient, parmi leurs guerriers, des acrobates », explique-t-il.

Le succès est rapidement au rendez-vous et, en 2009, le projet, piloté par l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (Amesip), décroche l’agrément de l’Etat pour une formation diplômante, une première dans le royaume et un tournant.

Depuis, dans une immense salle où les jeunes équilibristes s’entraînent sous l’oeil d’un moniteur, Shems’y assure une formation sur cinq années. Chaque promotion est composée de 15 jeunes de moins de 25 ans, sélectionnés parmi des centaines de candidats.

« Avant, je passais mon temps à faire des acrobaties sur les plages de Salé ou dans les terrains vagues près de mon quartier. Aujourd’hui, je profite d’une formation professionnelle », se félicite Nadia, 16 ans, qui est en première année mais qui a déjà six années de pratique personnelle à son actif.

Evoquant les entraînements quasi-quotidiens, elle assure ne pas compter les heures ni les longs trajets en bus. « J’ai arrêté l’école parce que le cirque, je veux en faire mon métier », dit-elle.

Originaire de Casablanca, la capitale économique et plus grande ville du Maroc, Moustapha, 25 ans, qui est dans sa dernière année, affirme vouloir aussi en faire sa profession « même si je sais que c’est difficile ».

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À propos Siham Lazraq

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