La royal air Maroc continue de desservir les pays frappés par l’Ebola

La royal air Maroc continue de desservir les pays frappés par l’Ebola

Avec la suspension des vols d’Air France vers la Sierra Leone, le Maroc est le dernier pays à desservir de manière régulière les trois principaux pays frappés par l’épidémie d’Ebola, une singularité qui s’explique par la stratégie africaine du royaume.

Jeudi, au lendemain de la décision d’Air France, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé « vital » que les compagnies aériennes reprennent au plus vite leurs dessertes afin de ne pas couper du reste du monde la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée-Conakry, de plus en plus isolés.

A ce jour, seule la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) continue en effet d’assurer des vols réguliers –à raison d’une douzaine par semaine–, avec ces trois pays, victimes de la plus grande flambée d’Ebola de l’histoire, qui a déjà fait plus de 1.500 morts.

« Nous sommes dans une démarche solidaire et non mercantile, qui fait écho à l’engagement constant du royaume en Afrique », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la RAM, Hakim Challot, selon qui la rentabilité actuelle de ces destinations est nulle, avec pas plus de 10% de remplissage au départ de Casablanca, la capitale économique.

Par cette décision, Rabat, qui assure que toutes les garanties sanitaires ont été prises, entend promouvoir son implication auprès de « pays frères », selon les termes de l’agence officielle MAP.

Toujours au titre de la « solidarité », le Maroc, organisateur en janvier de la Coupe d’Afrique des Nations de football, a également accepté d’accueillir, le 5 septembre, un match de qualifications Guinée-Togo, délocalisé là aussi en raison d’Ebola.

Cette bienveillance intervient quelques mois après le lancement d’une « nouvelle politique migratoire », destinée pour partie à répondre aux critiques de mauvais traitements envers les clandestins africains. Elle fait également suite à une tournée du roi Mohammed VI au Mali, en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Gabon, en février-mars.

Le souverain chérifien a signé avec ces pays des dizaines d’accords économiques et politiques, mais aussi religieux en s’appuyant sur son statut de commandeur des croyants et la promotion d’un « islam modéré ».

A Rabat, un institut consacré à la formation de 500 imams maliens est en cours de construction, et d’autres nationalités pourraient les rejoindre.

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