Revue de présse marocaine du 27/01/2012

0 commentaires, 27/01/2012, Par , Dans Revue de Presse

La Déclaration gouvernementale et les relations maroco-algériennes sont les deux sujets qui retiennent, cette semaine, l’attention de la presse hebdomadaire.Sous le titre « l’an I de l’alternance II », +Le Temps+ écrit que « tous les regards des politologues et observateurs étaient braqués sur le perchoir de la Chambre des représentants pour suivre les détails du programme gouvernemental », soulignant que « le point nodal était de savoir si ce gouvernement constitue bel et bien un point de rupture ou bien une continuité des Exécutifs précédents ».

Après l’examen de la coupole parlementaire, « le gouvernement Benkirane a essuyé une première salve de critiques. un flot qui n’a pas perturbé l’Exécutif qui entend clarifier une politique générale jugée trop vague », souligne l’hebdomadaire, même si les chantiers que le gouvernement compte lancer ou poursuivre « versent tous dans un même moule, celui d’un développement à visage humain ».

Et de constater que « Revenus en leitmotiv dans la bouche du Chef du gouvernement, les termes stabilité, solidarité et prospérité sont des promesses vagues que sous-tendent des actions concrètes », ajoutant qu’il reste maintenant à savoir « si le gouvernement a bel et bien les moyens de ses propres ambitions ».

Selon la publication, « le gouvernement vient de prendre ses marques, et nul ne peut prédire l’issue de la course tant qu’elle n’a pas été courue ».

+Challenge+, qui titre « Programme gouvernemental: La continuité au lieu de la rupture », estime que « le programme gouvernemental dans sa partie +mesures+ est dans la continuité absolue des cabinets précédents, à part l’utilisation de quelques leviers », notant qu' »il n’y a pas de remise en cause des grands choix ou des programmes en place ».

« Il y a beaucoup d’intentions, de projections qui, non déclinées en mesures, sont de la plus pure littérature (…) Pour le reste, on reconduit les programmes, les visions des cabinets précédents, en promettant de faire mieux », écrit l’hebdomadaire, notant qu' »il n’y a donc aucune rupture programmatique ».

« Politiquement, face à des attentes sociales aiguisées, relayées par des syndicats combatifs, on peut parier que la période de grâce sera courte », fait-il remarquer, relevant que « le PJD sera face à ses promesses électorales qui s’avèrent populistes, démagogiques ».

Pour +La Nouvelle Tribune+, « si l’opinion publique s’attendait à une déclinaison réellement sérieuse, précise et chiffrée du plan d’action gouvernemental pour cette législature, elle aura été fortement déçue, sinon échaudée, alors que la grave bévue de la nomination d’une seule Femme à la tête d’un département ministériel n’est toujours pas digérée ».

Pour la publication, « il apparaît ainsi que la valeur ajoutée promise par Abdelilah Benkirane et ses alliés, faite de transparence, d’efficience, de prise à bras le corps des problématiques sociales se révèle déjà comme une simple logorrhée populiste quand les attentes, populaires elles, sont particulièrement fortes ».

Et de souligner, dans ce cadre, que « ni le taux de croissance de 5,5 pc, ni celui de la réduction du chomage de 9 à 8 pc ne sont pas en effet de nature à permettre les avancées sociales promises ».

Sous le titre « Benkirane face au diktat de la realpolitik », +Finances News international+ écrit que « la Déclaration gouvernementale qui a été publiée dernièrement et présentée devant le parlement a soulevé le débat et divisé la classe politique nationale », ajoutant que « si pour la majorité, le programme est ambitieux venant répondre à plusieurs doléances, surtout à caractère social, et ce malgré une conjoncture difficile, pour l’opposition, c’est plus un recueil d’intentions qu’une feuille de route précise avec des objectifs bien déterminés ».

« Il y a un fort déphasage entre ce qui a été promis lors des élections et ce qui a été proposé aux Marocains », fait remarquer l’hebdomadaire qui cite des voix de l’opposition, soulignant qu' »il ressort de ce document que les engagements électoraux du PJD, chef de file du gouvernement, ont été nettement revus à la baisse: La realpolitik a donc primé ».

La publication note que « le gouvernement a adopté une démarche plus réaliste et conforme à l’environnement actuel, encore faut-il que ses actions soient aussi efficaces pour répondre à toutes les attentes qui sont pour l’ensemble très urgentes et nécessitent une mobilisation colossale de fonds ».

S’agissant des relations maroco-algériennes et de la visite du ministre des affaires étrangères et de la coopération à Alger, +Maroc Hebdo International+ écrit que « malgré le cérémonial grandiose qui a accompagné la visite de M. Saad Eddine El Othmani à Alger, sur le fond, aucun problème important n’a été abordé », soulignant que M. El Othmani « bute sur le cynisme des Algériens, nullement disposés à ouvrir les dossiers qui enveniment les relations bilatérales, à savoir les frontières terrestres et le Sahara ».

Pour l’hebdomadaire, « le Maroc est convaincu que la dynamique démocratique, si elle était élargie aux autres pays du Maghreb- et particulièrement l’Algérie- saurait baliser et identifier les chemins d’un avenir maghrébin commun ».

Avis partagé par +L’Observateur du Maroc+ qui relève que ce déplacement « n’a pas donné lieu à des décisions éclatantes et il n’en était pas question ».

Cette visite « consacre juste un processus entamé il y a quelques mois de relance de la coopération dans des domaines précis et maintient la voie ouverte à des évolutions plus importantes », affirme la publication, relevant que « les responsables des deux cotés savent que la région est encore sujette à convulsions et qu’ils devront constituer un pole de stabilité en attendant que tous les voisins reconstruisent leurs institutions ».

Pour l’hebdomadaire, « l’évidence de cette nécessité imprimera sans doute un rythme plus soutenu au dégel », faisant observer qu' »il y a des raisons d’être optimiste, non pas parce que le pouvoir algérien aurait changé de nature, mais parce que les réalités s’imposent à tous: Aux effets du printemps arabes évoqués plus haut, s’ajoutent les raisons objectives économiques et sociales ».

Et de conclure que « le dégel en cours, confirmé par la visite du ministre marocain à Alger, a donc, objectivement, le potentiel de marcher vers une normalisation », soulignant que « le rythme dépendra lui de la force d’inertie des atavismes hérités d’un passé houleux ».

+Le Reporter+ souligne, pour sa part, que le nouveau ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saadeddine EL Othmani, « n’a pas attendu que le gouvernement que dirige le PJD obtienne le vote d’investiture du Parlement pour répondre à l’invitation de son homologue algérien et se rendre à Alger dans le cadre d’une visite officielle », notant que « cela montre clairement à quel niveau de priorité le gouvernement Benkirane place les relations algéro-marocaines et l’espoir qu’il nourrit -voire le défi qu’il se lance- de pouvoir les réchauffer ».

« Aujourd’hui, à la faveur de l’arrivée aux affaires au Maroc d’un gouvernement d’alternance, compte tenu des profonds changements que connaît la région et en prévision des échéances déterminantes qui attendent l’Algérie, le président Bouteflika fait un pas vers le rapprochement. Mais il n’a échappé à personne qu’une grande prudence à accompagné tout cela », relève l’hebdomadaire », ajoutant que « les vraies questions n’ont pas été abordées et ne pouvaient l’être: L’ouverture des frontières, la question du Sahara, la vraie coopération au sommet de l’Etat sont autant de dossiers qu’il a fallu soigneusement éviter ».

Selon l’hebdomadaire, « l’Algérie et le Maroc sont pour cette région, toutes proportions gardées, ce que la France et l’Allemagne sont pour l’Europe: Ils en sont l’épine dorsale », avant de s’interroger: « Pourquoi pas le même destin pour l’Algérie et le Maroc au Maghreb? ».

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