Revue de présse marocaine du 25/01/2012

0 commentaires, 25/01/2012, Par , Dans Revue de Presse

Divers sujets sont traités, ce mercredi, par les éditorialistes de la presse quotidienne, notamment la Déclaration gouvernementale, le nouveau programme européen de soutien à la démocratie, les relations maroco-algériennes et la question des diplomés chomeurs.
Ainsi, +L’Economiste+ souligne qu' »on est surpris quand on compare le programme électoral de chacun des partis de la majorité, avec la Déclaration de politique générale présentée devant le Parlement », affirmant qu' »outre sa portée programmatrice, cette Déclaration est significative des influences existantes au sein de cette majorité ».

« La partie économique est manifestement inspirée très largement, voire uniquement par le programme de l’Istiqlal », fait savoir l’éditorialiste, soulignant que cela signifie que « le PJD paraît pour l’instant moins rigide qu’il n’en avait l’air avant d’arriver au pouvoir » et que « l’Istiqlal, par son expérience gouvernementale et sa proximité avec les milieux syndicaux et d’affaires, a acquis une sensibilité et un savoir-faire économique non négligeables ».

En revanche, constate-t-il, « on ne détecte pas d’influence propre au PPS, alors qu’il aurait été souhaitable que sa présence se fasse sentir au niveau des engagements sur l’exercice des libertés et sur la libéralisation des moeurs. Et ne parlons pas du Mouvement populaire ».

Pour sa part, +Rissalat Al Oumma+ écrit que la Déclaration gouvernementale présentée par Abdelilah Benkirane devant le Parlement est semblable aux programmes des précédents gouvernements, estimant que cette Déclaration n’a porté que sur les intentions, le lancement de promesses et l’expression de généralités sans indicateurs chiffrés et sans un calendrier bien précis pour la mise en Œuvre et l’exécution des actions que le gouvernement compte mener.

L’éditorialiste estime que les débats et les discussions sur ce programme ne seront pas différents des précédents avec un seul changement à retenir, celui des roles et des positions des acteurs politiques, ce qui n’aboutira pas au changement escompté, ne permettra pas de promouvoir davantage l’expérience politique marocaine en matière de gestion de l’alternance du pouvoir, de la responsabilité et de l’opposition et aux citoyens de relever les différences entre les anciens et nouveaux discours, programmes et visions.

Selon lui, le programme gouvernemental devait mettre en exergue les exigences de l’actuelle conjoncture, tout en s’interrogeant sur les obstacles qui ont entravé l’élaboration d’un programme gouvernemental qui reflète le changement que vit le Maroc et l’exception marocaine.

La Déclaration gouvernementale doit être un programme d’action et non une déclaration de bonnes intentions car elle intervient dans une conjoncture qui ne permet pas d’envoyer aux calendres grecques les revendications de la rue et de négliger la réalité, souligne-t-il, ajoutant que les débats interpelleront le nouvel Exécutif sur la manière de mettre en Œuvre ses bonnes intentions en attendant que la majorité gouvernementale prenne sa responsabilité et s’organise pour faire face à la fin de son mandat à la reddition des comptes sur ses réussites et ses échecs.

Dans le domaine économique, +Le Soir Echos+ s’intéresse au nouveau programme européen dédié à la consolidation des réformes démocratiques dans les pays du sud de la Méditerranée, dont le Maroc sera le premier bénéficiaire.

Il écrit à ce sujet qu' »en allouant 4,8 millions d’euros au Maroc, le Conseil de l’Europe envoie un signe positif supplémentaire à destination des pays du Sud de la Méditerranée », précisant que « l’octroi de cette aide est une reconnaissance symboliquement forte du chemin parcouru, mais aussi un instrument de mesure de ce qui reste à faire, qui s’inscrit dans une évolution en douceur ».

« En se focalisant sur la lutte contre la corruption et l’émergence de jeunes démocrates, les outils proposés, qui répondent à l’un des chantiers prioritaires du gouvernement Benkirane, contribueront à asseoir la volonté de progrès sur des thèmes sensibles auxquels sont attachés tous les Marocains », explique-t-il.

Cependant, l’auteur de l’éditorial relève que « les aides, de quelque montant qu’elles soient, ne valent rien sans vision ni volonté politique », estimant « pour que la mécanique fonctionne à plein régime, l’adhésion objective du plus grand nombre est une condition sine qua non ».

S’agissant des relations maroco-algériennes et de la visite effectuée par le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Saad Eddine El Othmani à Alger, +Annahar Al Maghribia+ qualifie de « naïveté diplomatique » le déplacement de M. El Othmani, puisque le gouvernement n’a pas encore eu la confiance du Parlement et le nouveau ministre des Affaires étrangères et de la Coopération n’est pas au fait des dossiers sensibles entre le Maroc à l’Algérie.

L’éditorialiste, qui déplore cette « précipitation », souligne que les relations maroco-algériennes ont été toujours tendues et marquées par des guerres non déclarées de la part de l’Algérie contre les intérêts du Maroc dans les domaines politique, économique et social, ajoutant que toute tentative d’ouvrir le dossier des relations entre les deux pays voisins n’aboutira pas aux résultats escomptés car la normalisation des relations entre Rabat et Alger passe par la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les responsables algériens.

Selon l’auteur de l’éditorial, la diplomatie des bonnes intentions ne sert à rien, soulignant la nécessité de se doter d’une diplomatie réaliste, vigilante et interactive avec les changements que connaît le monde.

+Aujourd’hui le Maroc+ s’intéresse à la question des diplomés chomeurs. Ainsi, l’éditorialiste, qui rappelle que le gouvernement de Abbas EI Fassi avait décidé, par décret spécial, de recruter exceptionnellement des diplomés chomeurs en dehors des quotas déjà décidés dans le cadre de la loi de Finances et indépendamment des besoins des administrations, souligne qu' »en croyant régler le problème, le gouvernement n’a fait que le compliquer davantage ».

« Certaines administrations auxquelles ont été rattachés ces diplomés, n’avaient pas suffisamment de budget pour pouvoir payer des salaires à ces recrues de la dernière minute. Du coup, plusieurs d’entre eux n’ont pas encore reçu un centime à ce jour », explique l’éditorialiste.

Et de déplorer qu' »en recrutant ces diplomés chomeurs, on s’est donc débarrassé d’une situation difficile pour en créer une autre plus gênante, celle d’un Etat employeur qui ne paie pas ses fonctionnaires », affirmant que « c’est l’exemple type de solutions bricolées, de rafistolages que le nouveau gouvernement devra absolument bannir ».

Quant à +Bayane Al Yaoum+, il évoque la question de la déclaration du patrimoine et écrit que plusieurs ministres du nouveau gouvernement ont procédé à la déclaration de leur patrimoine conformément à la loi, estimant que les autres responsables doivent suivre la même voie pour que tout un chacun contribue à l’instauration d’une nouvelle culture politique faisant de la déclaration du patrimoine un comportement normal à l’instar de ce qui se fait dans les grandes démocraties.

L’éditorialiste souligne que la déclaration du patrimoine constitue un important mécanisme pour que les élites politiques donnent une véritable signification au rapport entre la responsabilité et la reddition des comptes au cours de leur mandat, ajoutant qu’elle constitue aussi un préambule pour la lutte contre les systèmes de rente qui gangrènent la société et profitent à certains responsables.

Cette nouvelle culture est à même de protéger les deniers publics et les richesses nationales, note-t-il, ajoutant que cette initiative est importante aux plans politique et pratique dans le cadre d’un processus visant à mettre fin à l’économie de rente et à la corruption et à renforcer la transparence en matière de gestion de la chose publique.

Selon lui, il est impératif d’encourager et généraliser cette initiative tout en permettant à l’opinion publique, aux médias et à la société civile de controler sa bonne application qui est à même de donner un nouvel élan au processus de moralisation et de lutte contre la rente et la corruption, et de consécration de la transparence.

+LE SOIR ECHOS+:.
-Maroc-Algérie: Une rencontre de bonnes intentions. Le déplacement de Saad Eddine El Othmani à Alger s’est résumé en une série d’annonces et de déclarations de bonnes intentionsŒSans rien de concret sur la réouverture des frontières terrestres et sur la question du Sahara.

-Opposition: Le RNI passe à l’attaque. Le RNI compte bien assumer son role de chef de file de l’opposition. Lundi, au Parlement, Rachid Talbi Alami en a apporté la preuve en critiquant, point par point, le programme du gouvernement.

+AUJOURD’HUI LE MAROC+:.
-Petits partis: A quoi servent-ils encore? Quelle est leur raison d’être? 13 n’ont aucun siège au parlement, 10 ont entre 1 et 4, et 5 sont hors jeu. « Les petits partis », « les partis ascendants », « les nouveaux partis » sont tout autant de qualificatifs pour désigner les formations politiques qui sont tout simplement en dehors de la carte politique face au poids des mastodontes qui sont aujourd’hui massivement représentés au Parlement.

+LE MATIN DU SAHARA ET DU MAGHREB+:.
-Programme gouvernemental : Les remarques des parlementaires de l’opposition. Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, est appelé à répondre demain à toutes les critiques acerbes des groupes parlementaires de l’opposition avant de passer à la séance du vote de la confiance qui permettra à l’Exécutif de démarrer concrètement son action. Nombreux sont les reproches de l’opposition au programme gouvernemental : absence d’une vision claire et homogène, manque d’indicateurs chiffrés, concentration sur des déclarations de bonnes intentions, marginalisation du dossier des droits de l’Homme, absence de mesures pour la mise en Œuvre des dispositions de la Constitution.

-Déclaration gouvernementale : Les syndicats ne jouent pas tous la même partition. C’est hier que le débat sur le programme gouvernemental a été entamé à la Chambre des conseillers. Les discussions se poursuivront aujourd’hui encore avant la réponse du gouvernement prévue demain jeudi et le vote final le soir même par les députés. L’aspect social de la déclaration d’Abdelilah Benkirane sera décortiqué par les centrales syndicales. Ces dernières n’ont pas les mêmes positions selon qu’elles soient proches ou non des partis de la majorité. Si l’UNTM (pro-PJD) s’inscrit dans une posture de défense du contenu de la déclaration, il n’en est pas de même pour la FDT, proche de l’USFP.

+L’ECONOMISTE+:.
-Maroc-Algérie: Tant de points communs, mais pas de volonté politique. L’instauration d’un climat de confiance entre le Maroc et l’Algérie permettra non seulement de soutenir l’économie des deux pays, mais aura également des incidences positives sur le processus d’édification de l’UMA. L’effet ricochet ne s’arrête pas là: un Maghreb uni permettra de surmonter les obstacles liés à l’opérationnalisation de l’Union pour la Méditerranée.

+LIBERATION+:.
-L’OMDH interpelle le gouvernement Benkirane: les inquiétudes des activistes sur la protection des droits humains. L’Organisation est inquiète et le fait savoir. Le programme gouvernemental présenté par Abdelilah Benkirane devant le parlement a suscité bien des interrogations chez les activistes de cette ONG qui estime que le Chef du gouvernement ne s’est pas vraiment prêté à l’exercice de la présentation d’un programme gouvernemental devant le parlement et s’est contenté d’une simple Déclaration.

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