Revue de presse marocaine du 23/01/2012

0 commentaires, 23/01/2012, Par , Dans Revue de Presse

Divers sujets retiennent l’attention des éditorialistes de la presse quotidienne de ce lundi, notamment les relations maroco-algériennes, la Déclaration gouvernementale et les inégalités entre les régions.

Ainsi, +L’Opinion+, se demande si la visite que va entreprendre à partir d’aujourd’hui à Alger le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération nouvellement nommé peut annoncer le couronnement du processus de normalisation progressive des relations entre le Maroc et l’Algérie, soulignant que « le Maroc n’a cessé de multiplier les signes de bonne volonté et de tendre la main à l’Algérie pour tourner la page du passé et ouvrir de nouvelles perspectives devant l’action commune dans l’intérêt des peuples maghrébins ».

« Le fait de continuer à fermer les frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie empêche la libre circulation des biens et des personnes et constitue un obstacle majeur devant la réalisation de l’unité maghrébine », relève l’auteur de l’éditorial, ajoutant que les peuples marocain et algérien sont unis par des liens religieux, culturels, historiques, géographiques, sociaux et économiques qui « doivent transcender les considérations politiques conjoncturelles et militer pour la conjugaison des efforts des deux peuples pour assurer la complémentarité et relever les défis du développement humain durable ».

Pour lui, « la normalisation des relations entre le Maroc et l’Algérie, notamment à travers l’ouverture des frontières terrestres entre les deux pays, est de nature à accentuer le taux de croissance dans les deux pays et favorisera la relance des échanges commerciaux et économiques en général ».

Et l’éditorialiste d’espérer que la visite de M. El Othmani en Algérie « consacre la reprise des relations normales et fraternelles entre les deux pays, et ce, dans l’intérêt de nos peuples et de l’ensemble régional maghrébin qui doit se présenter en front uni et solidaire devant ses partenaires, en général, et européens en particulier ».

De son coté, +Le Soir Echos+ note que lors de cette visite de deux jours, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Saâd-Eddine El Othmani « aura la délicate tâche de rapprocher les points de vue théoriques marocains et algériens et de contribuer à les transformer en actions concrètes ».

« En clair, le temps de l’action est arrivé, et les actions doivent être corrélées aux discours. Pour ce faire, il serait grand temps que de part et d’autre de cette frontière stupide qui nous sépare, les différends historiques soient soldés une bonne fois pour toutes », affirme-t-il.

Selon lui, « l’ouverture de la frontière est certes ardemment souhaitée parce qu’elle découle d’une erreur, mais il ne s’agit pas là d’une fixation marocaine. Il se trouve qu’elle est la représentation du blocage principal de construction d’un espace régional dont tout le monde tirerait bénéfice ».

Et l’éditorialiste de faire remarquer que « le monde, depuis un an, a fondamentalement changé. Il serait opportun de s’inscrire dans cette dynamique vertueuse, plutot que de continuer à mettre en avant des blessures que le temps a recouvertes depuis bien longtemps ».

+Bayane Al Yaoum+ estime, pour sa part, que la visite de M. El Othmani en Algérie s’inscrit dans le cadre de plusieurs signaux que le Maroc n’a eu de cesse d’émettre en vue d’une normalisation des relations avec son voisin algérien et d’une redynamisation de l’action commune au sein de l’UMA.

L’éditorialiste ajoute que cette visite intervient aussi dans le sillage des grands changements politiques qu’ont connu d’autres pays maghrébins (la Libye et la Tunisie) et de la dynamique démocratique exceptionnelle que vit le Maroc, notant que cette situation exige des deux pays voisins de donner une nouvelle impulsion à leurs relations bilatérales, de placer l’avenir de la région du Maghreb à la tête des impératifs de la nouvelle conjoncture politique et géostratégique.

Pour lui, la normalisation des relations maroco-algériennes est dictée aujourd’hui par l’ampleur des défis sécuritaires et stratégiques régionaux et internationaux, ajoutant que cette normalisation constitue une nécessité d’ordre économique et social qui concerne les peuples des deux pays.

Et de conclure que la visite de M. El Othmani en Algérie est un nouveau signal visant à réitérer la volonté politique claire du Maroc à renforcer ses relations avec son voisin.

S’agissant de la Déclaration gouvernementale, +Akhbar Al Yaoum Al Maghribia+ écrit que les chiffres ont été absents du programme gouvernemental présenté jeudi dernier par le Chef du gouvernement, relevant qu’il a été largement marqué par « le langage de la littérature politique et de la rhétorique ».

Dans ce sens, il estime que les partis de la majorité gouvernementale n’ont pas accordé une grande importance à la Déclaration gouvernementale, et ont passé les deux derniers mois à négocier la répartition des portefeuilles ministériels et à gérer les ambitions personnelles et partisanes pour décrocher l’un des maroquins.

Selon l’éditorialiste, le programme gouvernemental de l’équipe Benkirane, qui sera mis à rude épreuve, réussira son passage et obtiendra le vote de confiance du Parlement, grâce à la majorité dont elle dispose au sein de l’Hémicycle, mais, relève-t-il, cela ne servira nullement la démocratie à long terme.

Et d’ajouter qu’il y a aujourd’hui une opportunité pour remédier à cette situation à travers la mise en place d’une batterie de mesures urgentes pour créer le choc psychologique et politique dont a besoin le champ politique marocain pour que les citoyens aient le sentiment qu’il y a véritablement un nouveau gouvernement qui donnera un véritable espoir dans le changement.

Même son de cloche chez +Assabah+ qui souligne que le gouvernement Benkirane a échoué lors de son premier oral devant le parlement, ajoutant que la Déclaration gouvernementale était une simple lecture superficielle des données économiques qui ne conduiraient, en fin de compte, qu’à l’échec que nul Marocain ne souhaite à ce gouvernement sur lequel les Marocains fondent de grands espoirs.

Pour l’éditorialiste, le contenu de la Déclaration gouvernementale augure un grand échec, puisque Abdelilah Benkirane s’est engagé à réaliser un taux de croissance de 5,5 pc et à réduire à 8 pc le taux du chomage, relevant que c’est une équation impossible à réaliser, puisque les experts sont unanimes à souligner que la réduction du taux de chomage à 8 pc ne pourra se faire sans la réalisation d’un taux de croissance qui atteint les 6,7 pc.

D’un autre coté, poursuit-il, Benkirane et son gouvernement n’ont pas pris conscience que la lutte contre le chomage exige la mise en place d’une stratégie claire qui touche tous les secteurs, mais il s’est contenté de dévoiler de faux chiffres qui affaiblirait la crédibilité de la Déclaration gouvernementale et porterait atteinte à l’image politique d’un parti qui s’est engagé devant les électeurs à créer des postes d’emploi sans parler des autres contradictions ayant marqué le programme gouvernemental.

Et de conclure qu’il s’agit là d’une Déclaration gouvernementale qui manque de crédibilité économique, tout s’interrogeant si les acteurs économiques et sociaux seront rassurés par le contenu de ce programme, qui n’a pas créé de rupture avec les précédents programmes gouvernementaux.

Quant à +Al Ahdath Al Maghribia+, il revient sur la protestation des femmes députés à la Chambre des représentants lors de la présentation de la Déclaration gouvernementale contre la faible représentativité féminine au sein du gouvernement et s’interroge si le message a été bien saisi par Abdelilah Benkirane et s’il va réagir pour changer l’image collée à son parti à savoir celle d’une force contre le droit de la femme à l’égalité?.

L’éditorialiste indique que seul le comportement du leader du PJD au cours des prochains mois apportera une réponse à ces questions, relevant que celui qui estime que la protestation des parlementaires comme étant une simple initiative symbolique se trompe largement car, selon lui, ce mouvement n’est nullement improvisé mais il a été préparé après une longue réflexion, concertation et coordination et a connu l’adhésion de tous les partis politiques à l’exception du PJD.

Le message de ces femmes députés souligne qu’il y a des valeurs et des principes qui doivent être respectés par tout un chacun qui se considère comme démocrate qu’il soit de la majorité ou de l’opposition, de la gauche ou de la droite, libéral ou socialiste, affirmant que le droit de la femme marocaine à l’égalité figure parmi ses valeurs et principes que tout le monde est appelé à consacrer.

Pour ce qui est des inégalités entre les régions, +Aujourd’hui le Maroc+ fait savoir, selon le HCP, que sur les 12 régions, telles que proposées par la Commission pour la régionalisation en 2009, quatre, c’est-à-dire le tiers, produisent 66 pc du PIB national.

« Si la régionalisation devait prendre forme demain, elle ne pourrait pas réussir sans mécanismes de solidarité. Mais jusqu’à quelle limite peut-on faire de la solidarité sans tomber, de nouveau, dans l’assistanat improductif? », s’interroge-t-il, soulignant qu' »une régionalisation pérenne repose sur des régions autonomes qui doivent d’abord compter sur leurs propres richesses ».

Pour l’auteur de l’éditorial, « ce qu’il faudra impérativement régler, c’est bien ce déséquilibre de la productivité: il faut des infrastructures pour encourager des opérateurs à investir et créer des emplois ailleurs qu’à Casablanca ou Rabat », faisant savoir que « le mouvement est déjà enclenché, avec Tanger-Tétouan, le Souss et l’Oriental, mais il doit être accéléré et, surtout, généralisé ».

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