Un responsable marocain juge « très exagérée » la décision de la France envers le Maroc

Un responsable marocain juge « très exagérée » la décision de la France envers le Maroc

La décision de Paris d’émettre un message de « grande vigilance » à l’attention des Français résidant ou voyageant dans 40 pays, dont le Maroc, est « émotionnelle » et « très exagérée », a dénoncé mercredi un responsable du secteur touristique marocain.

« Le classement de l’ensemble du Maghreb, dont le Maroc, parmi les zones dangereuses par les autorités françaises est une décision émotionnelle très exagérée », a déclaré à l’AFP Othmane Chérif Alami, un haut responsable de la Fédération nationale du tourisme (FNT).

« Même lors de l’attentat du café Argana à Marrakech (en 2011, qui avait fait 17 morts dont huit Français, ndlr), ils n’avaient pas réagi ainsi », a-t-il ajouté.

Quelque « 1.500 nuitées » ont fait l’objet d’une annulation ou d’une demande de report de la part de touristes français « au cours des 72 dernières heures », a affirmé M. Chérif Alami.

Quant aux réservations pour les semaines à venir, « le taux a chuté de près de 50%, soit l’équivalent de 550 réservations par jour contre 1.000 en temps normal », a-t-il enchaîné.

La France a émis un message de « grande vigilance » dans la foulée de l’assassinat d’Hervé Gourdel, le 24 septembre en Algérie, et l’appel du groupe Etat islamique (EI) à tuer des Occidentaux, notamment des Français.

Dans le même temps, le royaume chérifien est le seul pays d’Afrique du nord à figurer en vert (le niveau « vigilance normale ») sur le site du Quai d’Orsay, actualisé au 1er octobre.

Avec deux millions de visiteurs par an, les Français représentent le premier contingent au Maroc, où le tourisme est le deuxième contributeur au PIB (environ 10%).

Interrogé lundi par l’AFP lors des Assises du tourisme à Rabat, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, s’est dit « profondément désolé de ce qui est arrivé au citoyen français chez notre voisin algérien », mais confiant dans le travail des services sécuritaires, « qui a porté ses fruits jusque-là ».

Rabat annonce régulièrement le démantèlement de « cellules terroristes ». La dernière opération, dans le nord, a ciblé des jihadistes qui voulaient « rallier » le groupe ayant revendiqué l’assassinat de Hervé Gourdel, selon le ministère marocain de l’Intérieur.

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