Réduction du prix de 320 médicaments, une étape importante pour soutenir l’accès aux traitements tout en garantissant les intérêts des professionnels

Réduction du prix de 320 médicaments, une étape importante pour soutenir l’accès aux traitements tout en garantissant les intérêts des professionnels

La réduction du prix d’environ 320 médicaments, annoncée mercredi par le ministre de la Santé, constitue une étape importante sur la voie de la consolidation du droit constitutionnel d’accès aux soins de santé par le biais de l’amélioration de l’accès des marocains au traitement à des prix abordables, tout en préservant les intérêts des pharmaciens.

Cette décision a été prise suite à plusieurs réunions de concertation avec les instances professionnelles de ce secteur, notamment la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM), le conseil national de l’Ordre des Médecins, l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique et l’Association marocaine des distributeurs pharmaceutiques.

Ces réunions ont été marquées par un « esprit de citoyenneté et de responsabilité » en vue de trouver une solution consensuelle à la réduction des prix des médicaments qui prend en compte le pouvoir d’achat des citoyens mais également en assurant une marge de bénéfice garantissant l’équilibre financier des pharmacies.

Pour réduire le prix des médicaments, les parties concernées avaient adopté une approche participative et un dialogue responsable qui a donné ses fruits malgré les contraintes que connaît le secteur pharmaceutique au Maroc.

Le président de la FNSPM, Oualid Amri, a indiqué à la MAP que la décision de baisser les prix des médicaments concerne essentiellement le traitement de certaines maladies graves et chroniques dont le prix dépassent 500 DH.

Ces médicaments, prescrits pour le traitement du cancer, des maladies cardiovasculaires et des infections, ou celles touchant l’appareil digestif, les glandes et le système nerveux, ainsi que ceux se rapportant à l’anesthésie et à la réanimation, « n’ont pas de génériques », a-t-il précisé, ajoutant qu’un nombre important de Marocains vont bénéficier de cette baisse.

Pour la réussite de cette initiative citoyenne, la fédération envisage de réduire sa marge de bénéfices sur ces médicaments en vue d’apporter une solution aux prix élevés des traitements au Maroc à travers un accord consensuel garantissant une marge de bénéfice pour l’équilibre financier des pharmacies et prenant en compte le pouvoir d’achat des citoyens, a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Amri a souligné que la fédération va poursuivre, à partir de la semaine prochaine, ses concertations et ses réunions avec la commission ministérielle, mise en place par le département de la santé en vue d’examiner la situation des pharmaciens et la révision de la politique pharmaceutique au Maroc, dans la perspective d’une deuxième baisse qui sera suivie par la promulgation d’un arrêté permettant la révision des prix d’un nombre important de médicaments en vue de faciliter l’accès des traitements aux citoyens.

La deuxième étape, a-t-il poursuivi, concernera les médicaments ayant des génériques.

Pour sa part, le chef de service à la direction des médicaments et de la pharmacie au ministère de la santé, Abdelhakim Zelim a indiqué que cette baisse de 50 pc comprend les médicaments couteux largement utilisés pour le traitement des maladies chroniques, ce qui aura un impact positif dans la prise en charge de ces maladies, ajoutant que cette réduction n’affectera pas la qualité des médicaments vendus dans les pharmacies du Royaume.

Lors des réunions qui ont précédé la prise de cette décision, les pharmaciens marocains à travers leurs différentes instances représentatives ont démontré un esprit patriotique, fait preuve de sens de responsabilité et exprimé leur volonté de trouver une formule consensuelle garantissant leur droit et une marge de bénéfices raisonnables qui aille de pair avec le pouvoir d’achat des marocains.

Cette décision « positive », devra être accompagnée d’autres mesures importantes notamment la révision, en consultation avec les professionnels, de la loi réglementant les prix des médicaments en vigueur depuis 1969 et qui est « tombée en désuétude ».

 Par Karima Hajji

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Maroc

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