Ramadan : Des moniteurs suspendus par la mairie de Gennevilliers pour avoir jeûné

Ramadan : Des moniteurs suspendus par la mairie de Gennevilliers pour avoir jeûné

Samir, Moussa, Nassim et Ali, quatre moniteurs de colonies de vacances travaillant pour le compte de la mairie de Gennevilliers, viennent de se voir suspendre de leurs fonctions. Les quatre jeunes hommes observaient le jeûne du ramadan. Pour la mairie, cette pratique met en péril la sécurité des enfants. Les quatre employés de la municipalité ont l’intention de saisir la justice.

Pour avoir jeûné ces premiers jours de ramadan, quatre moniteurs de colonie de vacances, employés en CDD par la mairie de Gennevilliers, viennent d’être remerciés. Samir, Moussa, Nassim et Ali encadraient un séjour sportif à Port-d’Albret, au sud-ouest de la France, quand ils se sont vus signifier leur suspension la semaine dernière. L’information a d’abord été révélée par BondyBlog.fr, puis confirmée hier, lundi 30 juillet par l’AFP.

« C’était vendredi dernier. On a reçu la visite du responsable des centres de vacances. Il est venu voir si tout se déroulait correctement avec les enfants, et c’était le cas, puis il est venu déjeuner avec nous. Il s’est mis à ma table, et a remarqué qu’à l’heure du déjeuner je ne mangeais pas et Moussa non plus », raconte Nassim. Dans l’après-midi même, Nassim et ses trois collègues musulmans sont convoqués par le responsable en question.

« Ils m’ont parlé de l’article 6 qui disait que je devais me restaurer et m’hydrater convenablement et que dans le cas contraire cela pouvait mettre en danger la sécurité des enfants. Je lui ai alors répondu que je m’étais hydraté et restauré convenablement et qu’en aucun cas je pouvais risquer de mettre en péril la sécurité des enfants », explique Nassim. Cela n’y a rien fait. Les quatre moniteurs sont informés dans la soirée de leur suspension. La mairie leur assure qu’ils seront payés jusqu’à la fin de leurs contrats. Mais pour Nassim, cela ne change rien. « Je m’en fiche d’être payé jusqu’à la fin ; moi, je voulais rester jusqu’à la fin de la colonie, tout se déroulait à la perfection », regrette-t-il.

La mairie s’explique

Dans un communiqué relayé par l’AFP, la mairie PCF de Gennevilliers, dirigée par Jacques Bourgoin, estime que les quatre moniteurs « n’ont pas respecté, en cours de séjour, les obligations de leur contrat de travail, pouvant ainsi mettre en cause la sécurité physique des enfants dont ils avaient la responsabilité ». « Ce défaut d’alimentation et d’hydratation pouvait conduire ces agents à ne plus être en pleine possession des moyens requis pour assurer le bon déroulement et la sécurité des activités du séjour, ainsi que la sécurité physique des enfants dont ils avaient la charge », poursuit le communiqué.

Et d’ajouter : « C’est pourquoi la ville de Gennevilliers, qui a la pleine responsabilité de la bonne conduite des séjours, a mis fin à leurs missions, sans préjudice financier ».

La directrice de cabinet du maire, Nicole Varet, a de son coté, évoqué un « douloureux » incident survenu dans le passé.  «Il y a trois ans, on a eu un cas de figure très douloureux, une jeune animatrice qui avait refusé de s’alimenter et avait fait un malaise », a-t-elle rappelé. « Le problème c’est qu’elle conduisait un véhicule avec des enfants, et qu’elle a eu un accident avec des blessés graves, notamment un enfant », a-t-elle expliqué.

Incompréhension et révolte

Les quatre animateurs remerciés ne comptent, en tout cas, pas en rester là. Leur avocat a fait savoir qu’ils comptaient « saisir le juge compétent pour faire valoir leurs droits ». Pour eux, « c’est l’incompréhension et la révolte », souligne Me Mohand Yanat, cité par l’AFP. « Comment peut-on préjuger des capacités d’une personne eu égard à sa pratique d’une religion ?», s’interroge-t-il. « On a déguisé les choses. Ce n’est pas l’état de santé qui dérange mais le fait de pratiquer le ramadan », estime l’avocat.

Inès Dauvergne, responsable diversité au sein de l’association d’entreprises IMS-Entreprendre pour la cité, s’est également dite étonnée par la suspension des quatre employés. « Je n’ai jamais vu ce type de clause dans une entreprise privée », affirme-t-elle. « L’entreprise ne peut interdire de manière absolue aux salariés de pratiquer le jeûne, de sauter un repas ou de faire un régime. C’est la liberté individuelle des salariés de se restaurer ou non le midi », ajoute-t-elle.

Un ftour devant la mairie en guise de protestation

Pour protester contre la suspension des quatre moniteurs de colonies, un ftour géant sera organisé, ce samedi 4 août, à partir de 21h, devant la mairie de Gennevilliers. L’événement, annoncé en premier lieu sur Facebook, réunissait prés de 200 participants, jusqu’à ce qu’il soit supprimé ce mardi du réseau social. L’événement  a, toutefois, été « recréé » sur Doodle.com. Les raisons aynat conduit à sa suppression de Facebook sont, jusqu’à présent, inconnues.

Mots Clefs:
FranceIslam

À propos François Deville

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *