Qui veut la supprimer Benkirane ?

Qui veut la supprimer Benkirane ?
0 commentaires, 24/05/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

La Chambre des Représentants a annoncé le report de la séance plénière consacrée mensuellement à la politique générale du gouvernement, du 22 au 31 mai. Certains groupes de l’opposition ont déclaré que la raison de ce report se justifie par le fait que les questions de ces groupes ne sont pas encore définitivement élaborées, mais un élu du PAM a affirmé sur les ondes de Radio Atlantic qu’il ne s’agit absolument pas de cela, mais que le report a été décidé pour empêcher le chef du gouvernement de tirer profit de cette tribune qui lui est offerte pour « mener une campagne électorale pour son parti ».

Dans les deux cas, la non préparation des questions de l’opposition, qui reflète l’échec et l’incapacité de ce camp à assurer le controle législatif prévu par la constitution, ou la seconde raison qui va dans le sens de l’obstruction au respect de l’article 100 de la constitution qui oblige le parlement à tenir une séance de réponses aux questions posées par le Législatif à l’Exécutif et qui doivent être apportées par le chef de ce gouvernement… dans ces deux cas, donc, le résultat reste le même. Seules différent les tactiques adoptées.

En effet, après l’échec de la première tactique concernant l’interprétation constitutionnelle de cet article, en l’ajoutant aux tentatives de diminuer les apparitions du chef du gouvernement lors des plénières, après l’échec de la seconde tactique qui avait consisté à faire une question politique des temps de paroles impartis à la majorité, à l’opposition et au chef du gouvernement, voici venue la troisième tactique qui se fonde sur la non préparation des groupes de l’opposition. Mais le député PAM a dit les choses le plus clairement possible, expliquant que tout cela relève d’une manœuvre politique ou, pour être plus précis, d’un complot visant à interdire au chef du gouvernement de communiquer avec les populations à travers ses réponsesapportées aux questions des représentants de la nation.

Le danger de ces différentes tactiques, avec leurs justifications et leurs attendus, consiste dans le fait qu’il n’entrave pas le contact du chef du gouvernement avec l’opinion publique en cette période politique confuse, mais bloque l’un des principaux acquis en matière de controle des institutions. En effet, la constitution oblige le chef du gouvernement à se présenter devant les élus du pays pour répondre à leurs questions sur ses politiques publiques, sous le regard de la population, une pratique qui n’était pas prévue auparavant, quand l’opinion publique n’avait aucun moyen d’être au cœur du débat public, sauf pour écouter la déclaration de politique générale du gouvernement et pour écouter aussi les réponses des ministres aux questions orales qui leur étaient posées sur leurs départements.

L’affaire est donc plus profonde qu’un simple empêchement du chef du gouvernement de faire sa communication en cette période difficile où les gens s’interrogent sur le bilan d’un gouvernement que certains s’évertuent à minimiser et dénaturer. Non, l’affaire tient dans l’annulation de l’effet d’un article de la constitution qui renforce, d’une part, les attributions du chef du gouvernement et qui d’autre part, consolide la fonction de controle des élus de la nation, tout en permettant, en troisième milieu, aux citoyens d’être informés des politiques publiques qui s’appliquent à eux. Nous sommes là, donc, face à un véritable recul quant aux acquis démocratiques introduits par la Loi fondamentale, que certains essaient de contourner en entreprenant des manœuvres politiques et en déployant des tactiques purement formelles.

En bref, les auteurs de ces manipulations n’aspirent pas à interdire à M. Abdelilah Benkirane de communiquer avec l’opinion publique, pas plus qu’elles ne consistent à jouer le temps pour augmenter la pression exercée sur lui et l’empêcher d’expliquer les tenants et les aboutissants des manœuvres de certaines personnes en matière politique et économique… l’objectif recherché est de revenir en arrière, revenir à la période antérieure au 1er juillet 2011, cette période où le chef du gouvernement n’avait pas d’existence particulière ni de présence politique.

Le plus grave donc dans ces tactiques, manipulations et manœuvres est leur symbolique qui montre un retour vers le passé, vers l’ère du controle politique, une ère dont le Maroc n’est arrivé à se défaire des dangers qu’elle impliquait que grâce à la sagesse et à la volonté royales, qui ont conduit à la constitution actuelle, dont l’article 100 est l’un des passages les plus éclairés en termes démocratiques.

Mots Clefs:
Maroc

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