Qui sont les pires, les « bêtes » de l’immobilier ou les trafiquants de drogue ?

Qui sont les pires, les « bêtes » de l’immobilier ou les trafiquants de drogue ?
1 commentaire, 31/10/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Quand le trafic de stupéfiants culminait à son plus haut niveau, les immeubles et autres édifices étaient sortis du sol comme les plantes de kif le faisaient dans la région de Ketama ; les milliards étaient blanchis dans de gigantesques opérations immobilières, au point qu’il en était devenu naturel de voir un trafiquant de drogue construire 10 immeubles par an, ou plus.

Dans les années 80, quand le hachich marocain s’exportait en Europe et vers le monde entier, comme les phosphates, les gens avaient commencé à penser que ce commerce était licite ou, pour dire les choses plus justement, légal. Et la meilleure preuve de cela était que les gros trafiquants, les plus connus, fricotaient avec les responsables et fréquentaient leurs festivités, se faisaient élire au parlement et jouaient même aux grands seigneurs, faisant des dons pour la construction de commissariats de police… Il y avait même des responsables qui recevaient d’eux les sommes nécessaires pour acquérir leurs moutons pour la Fête du Sacrifice.

Les organismes étrangers disent que le trafic de drogue rapporte au pays, annuellement, plus de 15 milliards d’euros… et le chiffre n’est pas précis, ni stable, pouvant être beaucoup plus élevé du fait que certains trafiquants de hachich se sont spécialisés par la suite en négociants en drogues de tous genres, dont la cocaïne qui permet de dégager des profits stupéfiants, bien que cela se fasse au prix de drames humains et de tragédies sociales catastrophiques.

Bref, le plus important de tout cela est que le secteur le plus indiqué et le plus prisé pour blanchir l’argent de la drogue est l’immobilier ; et les autorités marocaines ne se sont jamais vraiment données la peine de controler sérieusement tous ces gens qui construisent des immeubles par paquets, les laissant le plus souvent vides de tout occupant.

Puis, quand plus tard, le commerce de drogue a reculé, le secteur de l’immobilier a continué sur sa lancée, mais cette fois avec une nouvelle caste de riches surgis du néant et qui se sont transformés en un temps record en milliardaires détenant des comptes aux soldes très très longs, dans les banques d’ici ou d’ailleurs. Mais en dépit de cela, le trafic de drogue a continué, s’appuyant toujours sur l’immobilier… à cette différence près que ce n’étaient plus les trafiquants qui bâtissaient directement des ensembles immobiliers, se contentant d’acheter des biens dans ces ensembles qui ont fait de nos villes de véritables et effrayantes catastrophes urbanistiques. Et ainsi donc, les promoteurs se sont mis à gagner un argent fou du fait de l’achat massif de biens par les trafiquants, passés du statut de constructeurs à celui d’acquéreurs.

Et donc, aujourd’hui, tout le monde gagne… Les bêtes de l’immobilier ont constitué des fortunes grâce aux biens qu’elles vendent aux trafiquants de drogue, lesquels trafiquants ont acquis un volume impressionnant d’appartements et de villas en toute discrétion, du fait qu’ils ne se trouvent plus aux premières loges. Et de cette manière, promoteurs et trafiquants semblent avoir contracté un mariage catholique qui exclue totalement et définitivement toute idée de divorce. Le mariage dure, donc…

De nos jours, ces bêtes de l’immobilier entreprennent de détruire tout ce qui se dresse devant eux, vestiges historiques, forêts ou espaces verts, afin de s’aménager encore plus d’espaces pour construire encore plus d’immeubles et d’ensembles immobiliers dont le moins que l’on puisse en dire est qu’ils sont des catastrophes nationales. On peut ainsi trouver certains de ces ensembles où logent des centaines de milliers de personnes sans un seul parc, sans même un seul arbre, sans écoles, sans voieries, sans mosquées, sans garages pour les voitures… sans rien, absolument rien. Et malgré cela, nos bêtes de l’immobilier ont continué de vendre leurs appartements, comme elles écouleraient du pain chaud par temps froid. Les gens ont afflué et ont tout acheté, et les bêtes de l’immobilier ont été ainsi encouragées à construire davantage de ces logements qui ne serviraient même pas à des familles d’animaux, alors des humains…

Si nous examinons les listes de nos riches, nous trouverons à leurs têtes les noms de ces bêtes de l’immobilier… Les qualifier de « bêtes » n’est pas, en ce qui les concerne, une insulte, mais une réalité, voire un mot plutot doux, car si l’on prend les vraies bêtes, et qu’on les amène en ville, elles n’y occasionneraient pas les dégâts commis par les bêtes (humaines) de l’immobilier.

Si on voulait procéder à une comparaison entre les trafiquants de drogue qui, dans le passé, construisaient des immeubles coquets pour blanchir leurs fortunes, et les bêtes de l’immobilier qui nous édifient aujourd’hui de véritables catastrophes pour s’enrichir encore plus vite et plus fort, il ne fait pas de doute que nous risquerions d’arriver à la conclusion que les premiers sont nettement moins nuisibles pour la société que les seconds. Et puis, reconnaissons que les trafiquants, au moins, prennent des risques terribles, jouant avec la mort et flirtant avec la prison, contrairement aux bêtes de l’immobilier qui ne connaissent aucun tourment : elles sont exonérées d’impots, reçoivent gratuitement leurs terrains quand elles ne s’en emparent pas, purement et simplement, par la ruse ou encore par l’escroquerie, en détruisant au passage les valeurs de la famille marocaine en lui proposant des cages minuscules où père, mère, frère et sœur cohabitent dans des espaces exigus qui ne laissent de place pour rien et ne permettent aucune intimité.

Et donc, concluons que l’équation est claire : les bêtes de l’immobilier sont à l’origine d’un véritable tsunami dans ce pays, et se sont faits des fortunes colossales de l’argent de la drogue ou d’autre chose, sans contribuer à résoudre le problème du logement… une équation terrifiante. Vraiment.

Mots Clefs:
Drogue

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Un Commentaire

  1. Temsamani
    octobre 31st, 2012 16:45

    Excellent cet article qui établit clairement le lien entre les secteurs de l’immobilier et celui du trafic de drogue.

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