Quelque 46 pc des 70.000 pensionnaires des prisons au Maroc sont en détention provisoire

Quelque 46 pc des 70.000 pensionnaires des prisons au Maroc sont en détention provisoire

Quelque 46 pc des 70.000 pensionnaires des prisons au Maroc sont des prévenus en détention provisoire, ce qui explique le phénomène de surpopulation dans les centres pénitentiaires, a indiqué le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, M Hafid Benhachem.

Le nombre des détenus dans les établissements pénitentiaires a augmenté d’environ 11.643 personnes entre 2008 et 2012, atteignant 70.675 prisonniers en décembre dernier. Sur ce chiffre, quelque 46 pc sont en détention provisoire ce qui est l’une des causes directes du phénomène de surpopulation, a-t-il précisé lors de la présentation, mardi devant la commission de justice, législation et droits de l’Homme à la Chambre des Représentants, du projet de budget de son département au titre de l’année 2013.

Selon M. Benhachem, le nombre des condamnés à des peines de 2 ans ou moins a atteint 34.337, ce qui représente 60,17 pc de l’ensemble des détenus, alors que celui des prisonniers dont la peine varie entre plus de 2 ans à 10 ans est de 16.776 personnes (29,40 pc).

Le nombre des condamnés à des peines lourdes, de plus de 10 ans à 30 ans, n’est que de 5.176 détenus (9,07pc), celui des condamnés à perpétuité se chiffre à 662 détenus (1,16). Les détenus condamnés à la peine de mort quant à eux, sont au nombre de 111 (0,19 pc), a-t-il expliqué.

Les données se rapportant à la nature des délits font ressortir que les délits financiers et de trafic de drogue représentent 53, 49 pc de l’ensemble des délits commis, a-t-il indiqué, précisant que les délits contre les personnes et contre l’ordre public représentent 31,29 pc.

Quant à l’âge et le sexe des détenus, le délégué général a expliqué que 86 pc des incarcérés sont âgés entre 21 et 50 ans, soit la tranche active de la société. 8 pc des détenus ont entre 13 et 20 ans et seulement 6 pc ont plus de 50 ans.

Le taux des détenues femmes est de 2,4 pc seulement (1.722 détenues) contre 97,6 pc de prisonniers hommes (68.953).

D’autre part, 79,33 pc de détenus sont analphabètes ou possèdent un niveau d’études faible, ce qui, selon M. Benhachem, entrave leur réinsertion sociale, notamment en ce qui concerne la formation professionnelle et l’éducation.

En outre, le délégué a fait savoir que le nombre de détenus décédés dans les prisons a atteint 112 en 2011 contre 115 en 2010. Les cas de suicide se sont établis à 9 en 2011 contre 7 cas en 2010.

Les établissements pénitentiaires sont au nombre de 73 selon le délégué, dont 3 prisons centrales, 58 prisons locales, 4 centres de réforme et de réinsertion et 8 prisons agricoles.

Evoquant la saisie d’objets interdits en prison, le délégué général a expliqué qu’environ 6751 cas de saisie de drogues ont été effectués, ainsi que plus de 26 cas de saisie de téléphones portables et plus de 5.000 cas de saisie de sommes d’argent.

Quant à l’humanisation des conditions de détention et le respect de la dignité des détenus, M. Benhachem a mis en avant les efforts de la délégation dans le domaine de construction de nouveaux établissements pénitentiaires ainsi que l’élargissement et la réhabilitation d’autres établissements en vue d’atténuer l’encombrement et préserver la dignité des prisonniers.

Après avoir rappelé l’ouverture de 5 nouveaux établissements pénitentiaires en 2012, le délégué général a annoncé l’ouverture d’autres établissements pénitentiaires en 2013 à Azrou, Rass El Ma à Fès, Guelmim et Sidi Bennour, ainsi que le lancement de la construction d’un centre dédié aux détenues femmes accompagnées de leurs enfants à Ain Sbaâ (Casablanca), outre l’annonce d’appels d’offres pour la construction de 13 nouveaux établissements pénitentiaires.

Le délégué général a expliqué qu’une approche stratégique est en cours d’élaboration par la délégation générale visant la signature d’accords de coopération avec le secteur privé, pour la création d’unités industrielles dans les prisons. Des unités qui se chargeront de former et d’assurer un travail aux détenus qui disposent des compétences nécessaires, contre une rémunération quotidienne, ce qui aidera à leur insertion sociale une fois libérés.

Lors de la séance de débat du projet de budget de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion au titre de l’année 2013, les députés ont mis l’accent sur la nécessité de résoudre les nombreux dysfonctionnements pointés du doigt dans le rapport du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) sur les prisons, et ceux cités dans le rapport de la commission de justice et de législation à l’issue d’une visite d’information à la prison de Oukacha, notamment les pratiques de torture et de violence.

Les députés, aussi bien de l’Opposition que de la Majorité, ont appelé le gouvernement à adopter une vision claire des grandes orientations de la politique pénale et à adopter des peines alternatives en vue d’alléger le phénomène de surpopulation des prisons et humaniser les conditions de détention conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution et aux conventions internationales auxquelles le Maroc a adhéré.

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Maroc

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