Présidentielle: Le principal souci des candidats est de ne pas soulever un conflit avec Israël

Présidentielle: Le principal souci des candidats est de ne pas soulever un conflit avec Israël
0 commentaires, 05/05/2012, Par , Dans Couverture, Monde

Le principal souci des candidats à la présidentielle égyptienne, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai, est de ne pas soulever un conflit avec Israël, a souligné Emad Gad, député et spécialiste des affaires israéliennes.

Dans un entretien avec « Al Ahram Hebdo », il a fait état d’un discours nationaliste des différents candidats à la présidence qui, sur le fond, ne font pas peur aux Israéliens.

Il a ajouté que même le Nassérien Hamdine Sabbahi se contente d’appeler à la révision de certaines clauses du traité de paix.

« Tous les candidats sont conscients de la fragilité actuelle de la situation politique et économique, et ne pourront brandir la carte de l’ennemi extérieur que dans le cadre de surenchères électorales », a-t-il dit.

Les nuances entre les programmes des candidats sur les relations égypto-israéliennes portent sur des questions comme la normalisation commerciale et culturelle, a poursuivi M. Gad.

Il a souligné que si Amr Moussa et Ahmad Chafiq sont pour le maintien de toutes les relations avec Israël, les islamistes penchent pour l’idée de cesser toutes sortes de normalisation et d’échanges commerciaux.

« Globalement, on ne peut pas prévoir de changements cruciaux dans les relations avec Israël. Il s’agira plutot d’un état de paix froide, et les tensions ne dépasseront pas les guerres verbales », a-t-il expliqué.

Revenant sur la suspension des livraisons égyptiennes de gaz vers Israël, il a souligné qu’il s’agit d’un « pas important permettant à l’Egypte de récupérer son role régional ».

Ce contrat d’exportation de gaz vers Israël à prix très bas a toujours suscité la colère des Egyptiens et a été critiqué par plusieurs forces politiques pendant l’ère Moubarak.

Il a ajouté que les militaires au pouvoir ont utilisé une couverture juridique et commerciale pour mettre un terme à ce contrat, relevant qu’il s’agit de facto d’une décision politique visant à tracer une nouvelle politique égyptienne basée sur l’indépendance et l’équilibre.

L’expert a fait savoir que l’Egypte faisait profil bas face à Israël parce qu’il existait un accord secret entre l’administration américaine et Moubarak, qui prévoyait de normaliser les relations avec Israël en contrepartie d’un soutien pour une succession de Jamal Moubarak.

Et d’ajouter que le Conseil militaire a réussi à faire d’une pierre deux coups : se décharger d’un contrat dont il ne profite pas sur le plan économique puisqu’il avait été conclu à travers une compagnie intermédiaire, et gagner le soutien de la population afin de redorer son image.

Pour l’Etat hébreu, il est depuis la chute de Moubarak en état « d’incertitude » et de « nervosité » sur le sort de ses relations avec l’Egypte, a-t-il précisé.

Faisant le point sur l’avenir de ces relations, il a assuré que le principal souci de l’Egypte aujourd’hui est de redresser une économie en crise et de fonder un système démocratique.

Il a ajouté que si la nouvelle configuration politique laisse planer le doute sur l’avenir des relations entre les deux pays, les forces en présence démontrent qu’un conflit plus sérieux, voire armé, n’est pas envisageable.

Même si les relations entre Israël et l’Egypte ne pourront pas retrouver leur stabilité de l’ère Moubarak, le pouvoir, dans l’état actuel des choses, ne pourra pas prendre le risque d’une crise diplomatique aux dangereuses conséquences pour l’économie et la stabilité du pays, a-t-il conclu.

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