Pour une solution radicale à la culture du kif

Pour une solution radicale à la culture du kif

Les habitants des douars de la région de Larache ont été saisis d’épouvante en entendant un crieur public annoncer aux populations que le « makhzen » avait décidé d’interdire les cultures du kif et/ou du chanvre indien cette année dans leur région ; et juste avant, des affrontements avaient éclaté entre les habitants du Rif et les forces de l’ordre en raison de cette question de la culture de l’ « herbe ». Et à l’avenir, il ne serait pas étonnant que d’autres heurts se produisent entre les deux camps. En effet, le fonds du problème est toujours d’actualité, après l’échec de la requalification agricole de la région par sa transformation en zone agricole, avec le soutien de l’Union européenne.

La réalité sur le terrain est éloquente. Ainsi, en dépit du renforcement de la lutte contre la culture de cette plante, les superficies exploitées par ce type d’agriculture s’étendent, et atteignent aujourd’hui la ville de Taounate … Et des accusations se font de plus en plus insistantes sur le fait que certains agents d’autorité se sont faits « tout naturellement » exploitants de parcelles, profitant eux aussi des « bienfaits de la région », au moment où la situation demeure inchangée pour les enfants du pays qui ont pris le « maquis » suite aux poursuites judiciaires et aux mandats de recherche dont ils font l’objet.

Il est absolument nécessaire aujourd’hui de chercher une « troisième voie » qui irait dans le sens d’une normalisation avec cette « herbe », ainsi que l’ont préconisé des partis tels que le PAM ou même le PJD à travers son ministre de l’Enseignement supérieur Lahcen Daoudi, auquel on attribue une prise de position allant dans le sens de la légalisation de cette plante et de sa transformation en produit national lucratif et en industrie locale pharmaceutique pour la production de médicaments.

Ce pourrait être là une solution en effet, pour abandonner cette politique démagogique qui consiste à croire que le Maroc pourrait prendre le dessus sur ces cultures sur une simple décision administrative et/ou politique. Ce sont des milliers d’agriculteurs qui vivent de la culture de cette plante, des gens que l’on ne pourrait pas dissuader de se livrer à leur « agriculture » par le simple fait de leur dire que le Maroc est engagé internationalement dans la lutte contre la drogue, et uniquement parce que tel est le vœu de l’Union européenne. Des solutions alternatives efficaces et efficientes sont la seule solution de normaliser la situation, comme cela a été fait par d’autres pays ayant le même problème.

Mots Clefs:
Maroc

À propos Abdellah Miloudy

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *