Pour quand l’équilibre des relations entre Paris et Rabat ?

Pour quand l’équilibre des relations entre Paris et Rabat ?
0 commentaires, 04/04/2013, Par , Dans Chroniques

A chaque visite d’un grand responsable de l’envergure du président François Hollande, la même question est posée sur ce que cette visite apporte de nouveau, de même que sur les objectifs qu’elle s’assigne.

Pour le Maroc, la question est : Que gagnerons-nous de cette visite ? Sera-t-elle marquée par un rééquilibrage dans les relations, comme le stipule le programme gouvernemental ?

Techniquement, la France est le premier partenaire commercial du Maroc et également le premier investisseur, avec environ 750 entreprises installées sur nos terres ; selon l’Elysée, il y aurait même de 80 à 100.000 ressortissants français résidant au Maroc. Mais tout cela n’est pas nouveau dans les relations entre les deux pays, c’est-à-dire que cette situation ne doit rien aux socialistes au pouvoir aujourd’hui en France, mais est le fruit d’une longue tradition de coopération.

Avec l’avènement des socialistes au pouvoir, le Maroc avait été le premier à exprimer son souhait de renforcer ces relations avec Paris, et aussi de les améliorer ; le roi Mohammed VI avait été le premier chef d’Etat à être reçu à l’Elysée, le 24 mai 2012, et le Maroc devait également êtrela première destination du nouveau président français au Maghreb. Mais la France a ensuite décidé autre chose, répartissant la mission entre les deux premiers responsables français : le président en Algérie, avant le Maroc, et le Premier ministre au Maroc, avant l’Algérie.

Mais au-delà des considérations externes et internes qui ont conduit à cette décision diplomatique, et loin de toutes ces interprétations qui avaient été faites à ce propos et des sensibilités qui étaient nées dans leur sillage, le plus important est de savoir ce que retireront les deux pays de cette visite du chef de l’Etat français au Maroc.

En termes pratiques, et si l’on devait en croire les médias français, les priorités des discussions de Hollande seront comme suit : d’abord, la région du Sahel et le maintien du soutien marocain à l’intervention française au Mali ; ensuite, l’amélioration des relations franco-marocaines, surtout après la visite du Premier ministre français en décembre dernier, lors de laquelle plusieurs projets et accords avaient été signés dans les domaines du transport, de l’industrie alimentaire, du traitement des eaux, des énergies renouvelables… et, enfin, troisième point de l’ordre du jour de la visite de Hollande, le Moyen-Orient, avec la crise syrienne et le dossier arabo-israélien.

Ainsi, il n’y aura pas de projets nouveaux, ou d’investissements à lancer ; selon la partie française, l’essentiel en matière économique sera consacré à un suivi des projets signés le 12 et 13 décembre 2012, en plus de la signature d’accords liés à ces projets.

Il n’est bien évidemment pas question de nier ou d’atténuer l’importance et le volume des projets ayant fait l’objet de la visite du Premier ministre français, qui était accompagné par 8 ministres de premier plan ; l’estimation globale de ces projets avait en effet été arrêtée à 280 millions d’euros. Cependant, et en dépit de l’importance du chiffre, il reste que l’on ne peut occulter le contraste des bénéfices pour chacune des deux parties, car une récente décision du gouvernement français de rapatrier des investissements du Maroc vers la France a remis à l’ordre du jour la question des gains et avantages de chacun des deux pays d’une telle collaboration.

Aussi, la réaction marocaine aujourd’hui doit dépasser la vision traditionnelle des relations bilatérales, mettant en balance d’un coté le discours du président devant le parlement, le soutien des réformes marocaines et son plan d’autonomie, et de l’autre coté les multiples intérêts français… non, il est important que la vision et les demandes de Rabat aillent plus loin, en ajoutant au soutien politique et diplomatique d’autres éléments : le renforcement du statut exceptionnel du Maroc aux yeux de la France, mais aussi un développement de la coopération économique, politique, diplomatique, juridique, culturelle et sociale pour tout ce qui concerne la communauté marocaine vivant en France.

Il faut reconnaître que ce gagne la France avec le Maroc dépasse considérablement le soutien qui lui est accordé par Rabat pour son intervention au Mali, de même qu’il dépasse également le statut de gendarme tenu par le Maroc pour l’Europe afin de la protéger contre l’émigration massive, le trafic de drogues et d’êtres humains, et il dépasse aussi la protection offerte par le Maroc à l’Europe en matière de terrorisme. Les avantages de la France dépassent ce qu’elle obtient aussi du Maroc dans les domaines culturels, linguistiques et éducatifs… d’une manière plus générale, ce que gagne la France avec nous est dans les acquis et avantages et faveurs économiques retirés de chez nous et qui permettent à la France d’atténuer les effets de la crise en interne.

L’équilibre souhaité et nécessaire est que le Maroc profite de bien plus qu’un soutien politique et quelque peu économique ; il est important que chacune des deux parties soit bénéficiaire à parts égales, et que ce remporte la France soit de même nature et de même volume que dans le sens inverse, en politique, en économie, en culture, en éducation et en matière de langue.

Mots Clefs:
Maroc

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