Polémique autour du soutien à l’offshoring au Maroc

Polémique autour du soutien à l’offshoring au Maroc
0 commentaires, 20/12/2012, Par , Dans Economie

La France a récemment octroyé un prêt de 100 millions d’euros au Maroc pour renforcer son offshoring. Le geste à ne pas commettre? L’Association professionnelle des informaticiens en France [MUNCI] crie au scandale.

« Incroyable… Mais vrai : la France prête 100 millions d’euros au Maroc pour soutenir les délocalisations de services », écrit l’association professionnelle des informaticiens [MUNCI], dans un communiqué rendu public mardi soir. Et de poursuivre : « C’est sans hésitation la nouvelle la plus invraisemblable que nous ayons eu à commenter en (presque) 10 ans d’existence du MUNCI !!! ».

Dans son communiqué où majuscules et minuscules se succèdent comme pour marquer la colère et l’indignation, l’association s’insurge contre le prêt de 100 millions d’euros accordé au secteur marocain de l’offshoring par l’Agence Française de Développement [AFD], lors de la visite du premier ministre français, Jean-Marc Ayrault. Le ministre avait présenté l’ensemble des accords scellés comme s’inscrivant dans « une démarche gagnant-gagnant, une démarche en quelque sorte où la coproduction industrielle bénéficie aux deux pays ».

Mais pour cette association, ce partenariat tel que présenté par M. Ayrault ne créera, en réalité « aucune richesse et aucun emploi » en France, mais favorisera plutot « le développement de l’offshoring au Maroc, à savoir les dé(re)localisations d’emplois dans les centres d’appel, les services informatiques et les processus métiers ». En d’autres termes, seul le Maroc pourra en tirer profit. « Le premier ministre, ainsi que A. Montebourg […] ont-ils été manipulés ? », s’interroge le MUNCI.

Le Maroc n’a jamais pas cru en une relocalisation des centres d’appels

Après sa nomination au poste de ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg avait fait pression sur les opérateurs délocalisant leurs centres d’appels au Maghreb les ramènent dans l’Hexagone. Le ministre avait le souci de préserver l’emploi français. Mais plusieurs professionnels, le PDG d’Orange notamment, avaient démontré les limites du rapatriement en France des centres d’appels installés au Maroc.

Coté marocain, les orientations de M. Montebourg ont créé de l’anxiété parmi les professionnels du secteur. Mais, le Président de l’Association des centres d’appel et services informatiques offshore du Maroc [ACOSIOM], Mohamed El Ouahdoudi, s’était voulu rassurant, estimant que beaucoup trop d’entreprises françaises tiraient profit de la délocalisation pour que le ministre puisse y mettre un terme si vite, surtout avec la situation économique que connait l’Hexagone.

Avis partagé malgré tout par le président de l’Association marocaine de relations clients (AMRC), Youssef Chraïb pour qui la « logique économique » ne permettrait pas un rapatriement en France des Centres d’appels installés dans le royaume.

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Maroc

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