Pas de halal dans les cantines scolaires en France, mais la demande existe (Le Monde)

Pas de halal dans les cantines scolaires en France, mais la demande existe (Le Monde)

Aucune cantine scolaire en France ne propose des repas avec de la viande halal pour les élèves musulmans, bien que la demande existe et que ces régimes ne sont pas contraires à la loi en vigueur, affirme samedi le quotidien « Le Monde ».

En pleine campagne pour l’élection présidentielle, la candidate du Front national (FN, extrême droite), Marine Le Pen, avait créé la polémique, le 12 février, en déclarant: « Je veux interdire le halal dans les cantines scolaires ». Depuis, d’autres candidats sont montés au créneau pour affirmer leur opposition à l’idée d’introduire des menus halal dans les repas des écoles.

Ces propos se nourrissent tout à la fois « d’une réalité, d’un fantasme et d’une méconnaissance des textes en vigueur », résume le journal dans une enquête sous le titre « Le halal à la cantine, un fantasme loin de la réalité ».

Mais le quotidien assure que « qu’il s’agisse du Haut Conseil à l’intégration (HCI) – un organisme rattaché au premier ministre et très sourcilleux sur les questions de laïcité-, de spécialistes du fait musulman ou d’acteurs de terrain, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il n’y a pas +à l’heure actuelle+ de viande halal dans les cantines scolaires en France ».

« Du halal dans les cantines, cela n’existe pas », assure Alain Le Bars, directeur d’un syndicat intercommunal pour la restauration collective en Seine-Saint-Denis (banlieue parisienne). Selon lui, « la demande existe mais des solutions alternatives sont proposées : menus à base de poisson ou végétariens ».

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, est tout aussi catégorique: « Il n’y a pas de halal dans les cantines, je mets quiconque au défi de démontrer le contraire. Les parents demandent surtout une alternative aux plats de viande ».

L’association « Ville et banlieue », qui regroupe 120 maires, reconnaît, pour sa part, que cette question n’a même pas été abordée lors des propositions récentes de l’association sur la laïcité. « Les communes concernées ne rentrent pas dans les questions religieuses mais veillent à la diversité de l’offre de repas pour l’équilibre nutritionnel des enfants », indique-t-elle.

Sur le terrain, ajoute le journal, certains responsables s’opposent au halal au nom de la laïcité, d’autres mettent en avant des problèmes d’organisation, de surcoût, ou la crainte de devoir mettre en place des « fichiers ethniques ».

Ces acteurs font état, par ailleurs, d’une hausse des demandes de menus spécifiques dans les établissements scolaires depuis une dizaine d’années. Globalement, la demande est passée, en un peu plus de trente ans, du « sans porc » au « sans viande », puis plus récemment au « halal ». Ces nouvelles revendications émanent des parents de confession musulmane.

Toutefois, note le journal, la proposition d’introduire du halal dans les cantines peut aussi être le fait de professionnels de ce secteur, désireux de s’implanter sur de nouveaux marchés auprès des collectivités locales, responsables des cantines scolaires.

Sur le plan juridique, Le Monde précise que « proposer des repas halal dans les cantines scolaires ne contredit pas la réglementation en vigueur », mais cela « relève de l’appréciation des acteurs de terrain, possible source de tensions et de contentieux ».

Une circulaire du ministère de l’Intérieur, publiée en août 2011, indique que « la cantine scolaire est un service public facultatif » et que « le fait de prévoir des menus en raison de pratiques confessionnelles ne constitue ni un droit pour les usagers ni une obligation pour les collectivités ».

« Il appartient à chaque organe délibérant compétent (conseil municipal pour le primaire, conseil général pour les collèges, conseil régional pour les lycées) de poser des règles en la matière », poursuit le texte.

« Les termes de la loi autoriseront les collectivités locales à pratiquer des prix différents en fonction de la prestation servie (repas bio, repas spécifiques pour les régimes particuliers, etc.), régimes conformes aux exigences des différents cultes compris », ajoute la circulaire.

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