Pakistan : Sabeen Mahmud est morte assassinée

Pakistan : Sabeen Mahmud est morte assassinée
Sabeen Mahmud, une militante respectée des droits de l’Homme, a été abattue dans sa voiture vendredi, à Karachi, quelques minutes après avoir tenu une conférence sur l’un des sujets les plus sensibles au pays : la situation des droits de l’Homme dans la province rebelle du Baloutchistan.
 
La militante pakistanaise a été prise d’assaut vendredi soir par des hommes armés dans le quartier cossu et sécurisé de Defence au moment dans lequel elle rentrait avec sa mère en voiture du « The Second Floor », un café-débat qu’elle dirige, après une conférence sur la situation des droits de l’Homme au Baloutchistan.
 
La maman a échappé à la mort. Sa fille est morte sur le coup après avoir été criblée de cinq balles.
 
« Selon nos premières informations, il semble que l’attaque soit due à une inimitié personnelle », a déclaré à Moeez Pirzada, le porte-parole de la police du Sind, province dont Karachi est la capitale.
 
Sabeen Mahmud est morte après avoir tenu un séminaire baptisé « Redonner la voix au Baloutchistan, deuxième partie », en référence à une conférence similaire qui a été prévue à l’université Lums de Lahore (est) mais qui a été annulée au début du mois par les puissants services de renseignement.
 
La tête d’affiche de ces deux conférences était Mama Qadeer, un septuagénaire qui avait marché 2.000 kilomètres en 2014 à travers le Pakistan afin d’attirer l’attention sur la question des droits de l’Homme au Baloutchistan, vaste province riche en ressources minières transformée en théâtre d’un conflit opposant une rébellion sécessionniste aux forces de sécurité pakistanaises.
 
Ce militant des droits humains a été interdit mois de mars dernier de séjour à l’étranger à un moment dans lequel il devait se rendre à une conférence aux Etats-Unis sur la situation des droits de l’Homme dans sa province, la moins développée du pays malgré ses importants gisements gaziers.
 
Aujourd’hui, il a affirmé suite à la mort de Sabeen Mahmud qu’« Il est très difficile de parler du Baloutchistan au Pakistan. Lorsque vous évoquez la question des droits de l’Homme dans cette région, vous êtes tout de suite considérés comme un traître ».
 
« Je reçois constamment des menaces au téléphone, provenant de numéros qui n’apparaissent pas à l’écran, et la situation empire. Maintenant, les services secrets viennent à ma rencontre pour me demander d’arrêter mes activités », a-t-il ajouté.

À propos Boughanbour Salma

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