On ne tabasse pas les gens en général, et les députés en particulier !

On ne tabasse pas les gens en général, et les députés en particulier !
0 commentaires, 03/01/2013, Par , Dans Chroniques

L’agression d’un député du PJD (la semaine dernière par les forces de l’ordre, face au parlement) ne peut et ne doit pas être considérée comme un évènement passager de mauvais aloi comme ceux que nous sert régulièrement la scène politique marocaine… non, il s’agit d’une affaire extrêmement grave, une affaire qui indique les évolutions et changements qui nécessitent une attention particulière.

Commençons d’abord par exprimer notre refus total de la violence qui semble être devenue une seconde nature chez les forces de l’ordre dans leur relation aux manifestants et protestataires de tous bords ; cette violence montre l’indigence de l’autorité en matière d’idées pour réagir face aux nombreuses manifestations que connaît le pays, ce qui implique la nécessité de revoir, voire de requalifier le role des forces de maintien de l’ordre. Certes… mais l’agression d’un député qui accomplissait sa mission de député est un fait d’une extrême gravité, un fait exceptionnel à tous les niveaux, car si la police tabasse un représentant de la nation en toute impunité, nous sommes en droit de nous demander quelle serait sa réaction à l’égard d’un citoyen lambda ?

Cette agression est en fait dirigée contre toute l’institution législative à laquelle appartient cet honorable député, une institution constitutionnelle exprimant la volonté populaire. Cette agression est donc celle de cette volonté, d’où la gravité de l’évènement.

Certains, probablement appartenant aux milieux sécuritaires, estiment que le député ne dispose plus d’immunité après que la constitution eut retiré ce privilège aux élus de la nation ; il devient ainsi plus facile de régler les comptes, en s’appuyant sur une compréhension tronquée de la dernière réforme constitutionnelle. Cette approche est fausse, et doit donc être corrigée. Par ailleurs, il n’est pas possible de passer l’éponge sur ce qui s’est produit par une réconciliation ou un désistement de l’agressé en faveur de son agresseur car les faits dépassent et le député et le groupe auquel il appartient.

Il s’agit d’une affaire qui a pris une dimension nationale car elle concerne une institution constitutionnelle de premier plan.

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