On n’arrête pas les gens pour les oublier ensuite en prison

On n’arrête pas les gens pour les oublier ensuite en prison
0 commentaires, 01/10/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Les dernières observations de la défense de M. Khalid Alioua mériteraient que l’on s’y arrête quelque peu car elles soulèvent une problématique aigue à laquelle nul ne semble accorder l’importance qu’elle requiert.

Ainsi, dans certaines affaires soumises à la justice, les juges bénéficient d’une liberté d’action telle qu’ils agissent en ce qui concerne la liberté des gens d’une manière abusive qui confine parfois à porter préjudice à ces personnes… au point que l’opinion publique en arrive parfois à se demander si certains dossiers ne sont pas traités sous la pression des médias et/ou pour satisfaire aux attentes de cette même opinion, très attentive.

Personnellement, je comprends parfaitement que la décision de placer tel ou tel suspect en détention préventive soit prise pour s’assurer de la présence et de la disponibilité de cette personne pour l’instruction qui la concerne, après que le magistrat auteur de cette décision l’ait prise en connaissance de cause et en se fondant sur des éléments qui la justifient.

Mais ce que l’on peut remarquer – et qui a été remarqué par la défense de M. Khalid Alioua et ses coaccusés – est que le magistrat instructeur a pris sa décision de mettre tout le monde en détention préventive, juste avant d’interrompre les interrogatoires et les comparutions. Les suspects sont donc mis en prison, et oubliés là. Et ce qui est encore plus étrange est que le juge avait entamé des séances marathon avec les suspects, libres, mais qu’aussitot leur placement en détention, ces séances avaient été interrompues, un peu comme si celles qui avaient été tenues n’avaient d’autre objectif que de justifier juridiquement l’incarcération des accusés.

De telles décisions qui nuisent à l’esprit de justice ne peuvent être acceptées, surtout quand on sait que les personnes suspectes sont innocentes jusqu’à preuve du contraire. Et si, plus tard, une cour décidait de les relaxer, alors leur présente incarcération pourrait être imputée à un abus ou un emploi excessif de mécanismes juridiques conçus pour permettre à la justice de dire le droit.

Nous ne demandons l’élargissement de personne ni l’indifférence à l’égard de quiconque, car cela relève du pouvoir d’appréciation des juges, et d’eux seuls. Mais en revanche, nous ne pouvons tolérer de voir les gens mis en prison d’abord, et oubliés là ensuite, sans poursuivre les interrogatoires ni l’instruction qui les a conduit en prison.

Cela ne saurait être accepté et est inacceptable, et c’est pour cela que nous demandons que les procédures juridiques et judiciaires soient mises en œuvre et correctement utilisées dans et pour toutes les affaires, sans exception.

Mots Clefs:
justice

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