On augmente les prix pour ne pas emprunter, puis on emprunte… mais, de grâce, comprenez-nous !

On augmente les prix pour ne pas emprunter, puis on emprunte… mais, de grâce, comprenez-nous !

Rappelons-nous, lorsque le chef du gouvernement avait justifié voici quelques mois sa décision d’augmenter les prix des hydrocarbures par la volonté de ne pas placer le Maroc entre les mains des organismes financiers internationaux pour réduire le déficit budgétaire… mais voilà qu’aujourd’hui, son ministre des Finances, Nizar Baraka, de retour de Londres avec en poche un prêt d’un milliard et demi de dollars, et qui vient expliquer que cela est « une grande victoire pour le Maroc », pour le seul fait que nous avons obtenu un taux préférentiel…

Qui vend les discours aux Marocains, Benkirane ou Baraka ? En effet, l’explication avancée en milieu d’année par le gouvernement pour faire passer l’augmentation des prix de l’énergie est malmenée aujourd’hui par le même gouvernement. Cela nous conduit à poser la question existentielle suivante : « Le gouvernement se moque-t-il des Marocains ou alors c’est le ministre des Finances qui n’obtempère pas aux instructions de son chef ? »… Car il est vrai que la souveraineté nationale, qui avait été brandie comme argument par Benkirane pour augmenter les prix et réduire d’autant le pouvoir d’achat des populations, est sérieusement ébranlée aujourd’hui par ce prêt d’un milliard et demi de dollars…

La violation de cette même souveraineté a encore été effectuée durant l’été dernier à travers l’acceptation par le Maroc d’une ligne de crédit de « précaution » auprès du FMI, de plus de 6 milliards de dollars, à utiliser dans les deux années.

Ce sont donc là des indicateurs très négatifs quant au sérieux et à la capacité de ce gouvernement à expliquer ses décisions à l’opinion publique et justifier certaines initiatives mal ou non comprises par les citoyens auxquels on demande, en parallèle, d’accepter de bonne grâce de se « serrer la ceinture » et d’admettre certains faits, avec une grande légèreté consistant à mettre en avant, encore et toujours, cette nécessité de lutter contre la rente et contre la corruption, et de préserver la souveraineté du pays.

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CreditMaroc

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