Occasions manquées…

Occasions manquées…
0 commentaires, 15/01/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Les Marocains vivent aujourd’hui des temps difficiles, en tous domaines, dans la santé, l’éducation, l’emploi, la culture, l’identité et beaucoup de chose encore… et c’est la raison pour laquelle ils sont plusieurs à considérer que le Maroc est historiquement creux, insignifiant. Cette conception est pourtant fausse et dangereuse aussi, car le Maroc a connu des temps historiques importants, des phases majeures, mais des temps et des phases qui, malheureusement, n’ont représenté que des brefs moments de lumières, dans un océan d’obscurantisme et de noirceur, des moments qui n’avaient pas été judicieusement exploités pour mettre le pays sur les rails d’un véritable progrès.

Dans l’histoire lointaine, les choses avaient commencé par la conquête de l’Andalousie, à partir du Maroc, mais pendant que la péninsule ibérique se transformait peu à peu en phare qui illuminait le reste de l’Europe, le voisin du sud en était resté à son sous-développement… Il est vraiment étrange que nous puissions conquérir et occuper un pays qui, plus tard, s’élancera, nous dépassera puis nous laissera loin derrière, vautrés dans notre sous-développement.

Nous avons connu de grandes épopées militaires, et de non moins grands succès et triomphes… La bataille d’Oued el Makhazine avait ainsi changé la face du monde à la fin du 16e siècle, quand le Maroc avait mis en échec toute une coalition de nations européennes menées par le Royaume de Portugal et son voisin l’Espagne. Mais au lieu de tirer profit de cette victoire et de s’en aller faire reconquista des enclaves marocaines occupées, tout ce dont se rappellent les gens est que le sultan Mansour Eddahbi s’était tourné vers les régions sud, celles du Sahara, où il avait été chercher de l’or, des esclaves et autres richesses, avortant tous les espoirs des Andalous à retrouver leur pays, et en dépit du fait que la participation de ces derniers à la grande bataille avait été déterminante dans la victoire finale du Maroc.

Puis, des siècles durant, le pays avait représenté l’épouvantail des plus grandes puissances européennes du fait de ses corsaires qui régnaient en maîtres sur les mers et les océans, avec les Maurisques comme fer de lance. Mais au lieu de tirer profit de cette extraordinaire puissance navale, le Maroc en avait fait un atout de négociation avec l’Occident et une source d’accumulation d’encore plus de richesses pour les sultans et leurs clientèle et parentèle. Et à la fin, ce qui devait arriver arriva, en ce sens que tout avait fini comme si cette période de gloire n’était qu’un mirage.

A la bataille d’Anoual, au début du 20e siècle, une chose est arrivée, qui ne se produit que très rarement dans l’histoire : des résistants montagnards ont détruit la force militaire de deux grandes puissances coloniales, faisant des dizaines de milliers de morts et de prisonniers de guerre, dont des généraux. Mais, encore une fois, loin de tirer profit de ce triomphe, le Maroc est resté soumis à la colonisation de ces deux mêmes grandes puissances, comme si la victoire d’Anoual n’était qu’un évènement anodin et passager, et bien que l’Espagne et la France eurent déversé des tonnes de bombes chimiques sur le nord du Maroc, avec des conséquences qui se perpétuent jusqu’à aujourd’hui encore.

A la fin du 19e siècle, le Maroc avait envoyé une expédition de jeunes étudiants en Europe, pour y apprendre les dernières technologies et ensuite, de retour en leur pays, pour contribuer à le faire sortir de sa trop longue torpeur. Les apprenants marocains s’étaient trouvés alors en compagnie de leurs pairs européens et japonais. Mais quand ils s’en étaient retournés chez eux, le Maroc les avait bombardés à des postes d’autorité, et ces jeunes s’étaient mis à exhiber leurs différences et à afficher leurs contacts avec l’Europe en portant des tenues vestimentaires occidentales, à une époque où tout ce qui était étranger suscitait la plus grande méfiance au sein des populations.

Quand l’Europe était engluée dans son obscurantisme le plus noir, et qu’elle mettait sur les bûchers les personnes handicapées ou déséquilibrées mentales, arguant que le Diable les possédait, le Maroc entretenait des hospices pour ces gens, les fameux « Marstane » qui, au temps des Saâdiens, prodiguaient les meilleurs soins à leurs pensionnaires ; et une fois ceux-là rétablis, remis ou guéris, ils étaient revêtus des meilleurs atours, comblés de cadeaux et renvoyés à leurs familles. Et nous voilà aujourd’hui, au 21e siècle, dans ce même Maroc qui enchaîne ses malades mentaux à « Bouya Omar », comme si l’histoire passée n’avait été que mirage et illusions.

Et aux premières années de l’indépendance, au lieu que le Maroc ne s’élance vers le progrès, ne s’inscrive dans le développement, et au lieu que les Marocains ne se lèvent comme un seul homme pour travailler pour ces seuls objectifs, voilà que l’aviation avait copieusement bombardé le nord, pas loin du lieu où s’était tenue la glorieuse bataille d’Anoual, massacrant les populations, puis les isolant, avant de les déplacer en masse , comme si la région était frappée par un mal inconnu. Et ainsi donc avaient commencé les catastrophes du fait de responsables davantage animés par leur soif de vengeance que par un hypothétique et douteux amour du pays.

Durant le Protectorat, les nobles et héroïques fils de l’Atlas s’étaient battus, avaient combattu et mourraient en masse, et puis à l’indépendance et après, ces mêmes régions furent habitées par des populations qui n’avaient même pas assez de couvertures pour se protéger du froid glacial qui règne dans les montagnes et des hauts-lieux de la résistance s’étaient transformés en lupanars. La même situation sévit toujours dans ces régions… Une honte pour tous les Marocains, une véritable marque d’infamie…

Nous avons eu une armée de résistants dont les noms auraient dû être inscrits en lettres d’or afin qu’ils servent d’exemples aux générations actuelles et futures, mais voilà, le Maroc les a oubliés, puis a oublié leurs enfants, dont certains sont aujourd’hui contraints de mendier pour vivre, voire survivre, et en contrepartie, nous avons accordé le statut de résistant à de vrais traîtres et de véritables fripons.

Pendant le Protectorat, nous avons été unis contre la dispersion et l’éclatement de notre nation, et nous avons refusé, rejeté le Dahir Berbère, et puis, plus tard, il nous a été donné de voir nombre de ceux qui se posent comme des défenseurs de la culture amazigh aller en Israël et poser avec des gens qui appartiennent à l’une des nations les plus brutales que l’histoire des hommes eut connue.

Ce ne sont là que quelques grandes phases des grands moments de notre grande histoire, et chacune d’elles aurait pu changer profondément le Maroc… mais cela ne s’est pas produit…

Nous avons perdu dans le passé beaucoup d’occasions, et nous continuons d’en perdre encore aujourd’hui.

Mots Clefs:
Maroc

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