Nigeria: « Mort à l’Amérique » scandent des milliers de manifestants

0 commentaires, 22/09/2012, Par , Dans Flash

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, scandant « Mort à l’Amérique » et détruisant des photos du président Barack Obama pour protester contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis.

Des hommes, des enfants et des femmes voilées ont marché dans les rues de Kano pour condamner cette vidéo intitulée « + l’Innocence des musulmans+ » qui a suscité une vague de protestations dans l’ensemble du monde musulman et en Europe.

« Mort à l’Amérique, mort à Israël et mort aux ennemis de l’islam », criaient les protestataires.Â

La manifestation s’est terminée sans incident mais a paralysé cette métropole de 4,5 millions d’habitants, la deuxième du Nigeria.

Pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique, le Nigeria est divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne. Les tensions religieuses ont souvent entraîné des violences meurtrières.

La manifestation samedi à Kano était organisée par le Mouvement islamique du Nigeria, un groupe pro-iranien chiite, actif au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, depuis la fin des années 70.

« Nous sommes venus aujourd’hui pour exprimer notre colère et notre désapprobation contre ce film blasphématoire », a déclaré Mohammed Turi, un des dirigeants de la manifestation et un membre de ce mouvement qui avait organisé une manifestation similaire cette semaine à Zaria (Nord).

Plusieurs photos du président Obama ont été brûlées, d’autres ont été traînées dans la boue et piétinées par des manifestants aux cris « ennemis de l’islam ».

Des drapeaux américains et israéliens ont également été abimés.

D’autres drapeaux, iraniens, ont été agités alors que le cortège se dirigeait vers un palais de l’émir de Kano, la plus haute autorité religieuse de Kano.

Des centaines d’habitants qui n’avaient pas rejoint le cortège se sont massés le long des rues pour voir passer les manifestants.

Â

          « Comme une invitation à la guerre »

Â

Un mendiant de 68 ans qui s’est présenté sous le nom de Garba a essayé de se mêler aux protestataires mais a été incapable de rester debout, en dépit de sa canne.

« J’aimerais pouvoir faire plus, j’aimerais être assez jeune pour me joindre au cortège. Je ferai n’importe quoi pour le prophète », a-t-il déclaré.

Pour un manifestant, Husseini Ibrahim, le « blasphème » concernant le prophète Mahomet dans le film est « comme une invitation à la guerre ».

M. Turi s’est adressé à la foule devant la mosquée centrale de Kano, située à coté du palais de l’émir, avant que la manifestation ne se disperse.

« Nous sommes peinés par cette insulte délibérée faite à notre religion sous prétexte de liberté d’expression », a-t-il déclaré aux manifestants. Â

M. Turi a également appelé le gouvernement nigérian à condamner publiquement le film et déclaré que tout lien avec Israël devait être rompu.

Des forces de sécurité étaient déployées autour de la ville et un officier de police en faction devant un hopital a indiqué que les autorités avaient autorisé la manifestation.

« Nous n’avons pas de problème avec la manifestation tant qu’elle est pacifique », a déclaré ce policier.

Le film a suscité une vague de violence anti-américaine à travers le monde musulman, avec des manifestations dans plus de vingt pays.Â

Il aurait été produit par un Copte d’Egypte mais des rumeurs qui avaient circulé peu après sa diffusion avaient suggéré qu’un Israélien était impliqué.

Plusieurs milliers de Nigérians musulmans avaient manifesté jeudi à Zaria et brûlé des drapeaux américains et israéliens pour protester contre le film.

La semaine précédente, des manifestations contre le film s’étaient déjà produites au Nigeria dans les villes de Jos (centre), Katsina et Sokoto (nord), sans incident notable.Â

A Jos, des soldats ont tiré en l’air aux abords d’une mosquée pour disperser plusieurs centaines de personnes qui essayaient de manifester contre le film.Â

En 2002, un article de presse jugé blasphématoire pour les musulmans avait été l’une des causes d’émeutes qui avaient fait 3.000 morts dans la ville de Kaduna (nord).

Mots Clefs:
Film

À propos IBERGAG

Auteurs Anonyme contribuant a l'actualité sur le site communautaire http://ibergag.com

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *