Mustapha el-Khalfi : « pas de démocratie en évolution sans une presse libre et responsable »

Mustapha el-Khalfi : « pas de démocratie en évolution sans une presse libre et responsable »

Le ministre de la Communication, Mustapha el-Khalfi, a estimé jeudi qu’il ne pouvait « y avoir de démocratie en évolution » au Maroc « sans une presse libre et responsable », en ouverture d’un colloque organisé à Rabat sur « La liberté de la presse à l’épreuve de l’évaluation ».

« Il ne peut y avoir de démocratie en évolution sans une presse libre et responsable. Cette rencontre est une étape pour construire un dialogue calme, stable et scientifique », a déclaré M. Khalfi, également porte-parole du gouvernement, dans des propos tenus en arabe et traduits en français.

Organisé par le Centre d’études et de recherches en sciences sociales (CERSS), ce séminaire doit débattre durant deux jours des méthodes de calcul de l’indice de liberté de la presse, de « l’élargissement » de celle-ci ou encore des récents rapports sur le sujet, en présence de responsables d’organisations telles que Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF).

« On classe le Maroc parmi les moins bons de l’Afrique du nord (…). Les organisations se basent sur des indicateurs qui sont fondés, mais d’autres facteurs ne sont pas très précis d’où la nécessité de ce dialogue », a avancé M. Khalfi, selon qui « un certain nombre de classements ne reflètent pas la réalité » sur le terrain.

« Il va y avoir des recommandations émanant de cette rencontre concernant la liberté de la presse dans notre pays », a-t-il ajouté, notant que le gouvernement travaillait « sur un cadre juridique » dans l’optique d’une loi sur la liberté de la presse.

Dans le dernier classement de RSF, le Maroc se classait en 2011 en 138e position sur les 179 pays évalués.

HRW a récemment critiqué les autorités marocaines, leur demandant de « cesser leurs représailles » et de « cesser de controler la façon dont les journalistes couvrent des sujets sensibles ».

L’organisation basée à New York faisait référence à la fermeture prolongée -depuis 2010- du bureau de la chaîne Al-Jazira dans le royaume et au récent retrait de l’accréditation d’un journaliste de l’AFP, Omar Brouksy.

La direction de l’AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de bien vouloir revenir sur leur décision.

Intervenant durant le colloque, la directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Sarah Leah Whitson, a de nouveau qualifié cette décision « d’erronée ».

« Le Maroc n’est pas la police de la vérité, c’est le consommateur de l’article qui doit être juge », a-t-elle ajouté.

Elle a également défendu le droit des médias et des citoyens marocains à critiquer leurs dirigeants, y compris avec virulence. « Ce qui est réellement insultant, c’est la volonté du gouvernement de décider ce que les citoyens peuvent dire ou ne pas dire », a fait valoir Mme Whitson.

HRW a notamment évoqué auprès de l’AFP le cas d’un jeune Marocain condamné en février à trois ans de prison à Taza (nord-est) pour des insultes, sur internet, à l’encontre du roi.

La responsable de RSF dans la région, Soazig Dollet, a de son coté relevé que son organisation serait « très attentive à ce que les engagements (du gouvernement) se traduisent par des actes ».

« Sans liberté d’information, il n’y a pas de démocratie », a-t-elle relevé.

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Maroc

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