Moulay Hicham : L’esprit de la nouvelle Constitution au Maroc « est resté gelé »

Moulay Hicham : L’esprit de la nouvelle Constitution au Maroc « est resté gelé »

Le prince Moulay Hicham, cousin de Mohammed VI, estime que « l’esprit de la Constitution » adoptée l’an dernier dans le contexte du Printemps arabe « est resté gelé » au Maroc, et que le gouvernement demeure « relégué à des tâches de gestion subalternes », dans un entretien à France 24.

Comme on lui demande, dans cette interview diffusée lundi, si « tout continue comme avant » dans le royaume, Moulay Hicham répond que la réforme constitutionnelle « a commencé de bonne foi ».

« Mais ne soyons pas naïfs, elle a commencé aussi parce que c’était le résultat de grosses pressions », ajoute en français celui qu’on surnomme « le Prince rouge » et qui travaille comme chercheur à l’université de Stanford, aux Etats-Unis.

A l’initiative du roi, le Maroc a adopté l’an dernier par référendum une nouvelle Constitution conférant de plus larges pouvoirs au gouvernement. Des législatives ont eu lieu dans la foulée, aboutissant à la victoire historique, en novembre, des islamistes du Parti justice et développement (PJD).

Mais, selon Moulay Hicham, « en l’absence de véritables forces démocratiques qui transportent le projet et qui garantissent que c’est une étape et pas la finalité, l’esprit de la Constitution est resté gelé ».

Cette nouvelle Constitution offrait « deux alternatives », dit-il: « la première, c’était une véritable transition démocratique, (la seconde) une cohabitation ». « Or, elle aboutit sur une cohabitation (…) très asymétrique, dans laquelle le PJD (…) est relégué à des taches de gestion gouvernementales inférieures, subalternes » tandis que le pouvoir royal conserve la main sur les grands dossiers économiques et de politique extérieure.

Interrogé sur la viabilité du système, le cousin du roi affirme qu’il « n’y aucune raison » pour que « la monarchie ne survive pas ». « Ce qui va rencontrer de vrais problèmes, c’est le +Makhzen+, c’est-à-dire le système califal qui existe au Maroc ».

« A terme, le passage à la monarchie constitutionnelle est quelque chose de quasiment obligatoire pour garantir la survie de l’institution », assure-t-il.

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