Mohammed VI exhorte Hamid Chabat allié du PJD à rester

Mohammed VI exhorte Hamid Chabat allié du PJD à rester

Le roi Mohammed VI a contacté le patron de l’Istiqlal, principal allié des islamistes au pouvoir au Maroc, pour l’exhorter à rester au gouvernement, a indiqué dimanche le porte-parole de ce parti conservateur, selon qui le retrait reste pour l’heure maintenu.

Le conseil national de l’Istiqlal a décidé samedi du retrait de cette formation du gouvernement emmené par le parti Justice et développement (PJD, islamiste), ouvrant la voie à un remaniement, voire à des législatives anticipées.

Le roi a contacté par téléphone le chef de l’Istiqlal, le maire de Fès (centre) Hamid Chabat, dans la nuit de samedi à dimanche, pour l' »exhorter à maintenir nos ministres au sein du gouvernement », a toutefois affirmé à l’AFP Adil Benhamza, le porte-parole du parti.

« Nous allons demander à nos ministres de gérer les affaires courantes dans l’attente du retour du roi », actuellement en voyage privé en France, a poursuivi M. Benhamza. « Pour l’heure, notre décision n’a pas été retirée ».

Dans un communiqué publié à l’issue de l’entretien téléphonique entre M. Chabat et le roi, l’Istiqlal a signalé que son comité exécutif, chargé de mettre en oeuvre la décision de retrait du gouvernement, avait pris acte de ce « développement extrêmement important ».

Le parti, qui détient plusieurs portefeuilles dont ceux de l’Economie et de l’Education, « adhère totalement à la volonté royale de garantir les conditions de stabilité et de servir les intérêts supérieurs de la Nation », est-il ajouté.

Pour justifier sa décision de quitter le gouvernement, l’Istiqlal, deuxième force à la chambre des représentants avec 60 députés, a notamment évoqué une incapacité du Premier ministre islamiste, Abdelilah Benkirane, à prendre « en considération la gravité de la situation économique et sociale ».

Abdelali Hamiddine, membre du secrétariat général du PJD, a estimé que la décision de l’Istiqlal n’était « pas sérieuse », et ajouté que son parti allait se réunir pour évoquer ce possible retrait.

« Les ministres (de l’Istiqlal) doivent présenter leur démission au Premier ministre afin qu’il les transmette à son tour au roi, ce qui conduira ensuite soit à rechercher d’autres alliés soit à aller vers des élections anticipées », a-t-il ajouté.

Cantonné dans l’opposition pendant des décennies, les islamistes du PJD ont remporté un succès historique aux législatives de fin 2011.

Ne disposant pas de la majorité, ils ont toutefois dû former une coalition hétéroclite au sein de laquelle figurent l’Istiqlal mais aussi le Mouvement populaire (MP) et le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS).

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