Interdiction de la polygamie : Le procès du cheikh jugé pour une vidéo diffusé sur Youtube contre Driss Lachgar reporté

Interdiction de la polygamie : Le procès du cheikh jugé pour une vidéo diffusé sur Youtube contre Driss Lachgar reporté

Un cheikh salafiste marocain Abdelhamid Abounaïm a comparu mercredi devant un tribunal de Casablanca pour avoir accusé « d’apostasie » un responsable politique ayant appelé à interdire la polygamie.

M. Abounaïm, 58 ans, est poursuivi pour « atteinte à un corps constitué » et « diffamation ». La première audience n’a duré que quelques minutes et le procès a été reporté au 5 février pour permettre à la défense de préparer sa plaidoirie.

Le prévenu avait diffusé le mois dernier une vidéo accusant « d’apostasie » le chef de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition), Driss Lachgar.

Quelques jours plus tôt, M. Lachgar avait appelé à interdire la polygamie et à ouvrir un débat sur la part d’héritage des femmes, de moitié inférieure à celle des hommes.

A la suite de l’ouverture d’une enquête, au début du mois, le cheikh salafiste a été entendu par la police judiciaire de Casablanca.

D’après la presse marocaine, il a maintenu ses propos: « J’ai excommunié des gens qui enfreignaient la loi de Dieu », a-t-il dit, cité par le quotidien arabophone Akhbar al Yaoum.

Cette polémique a entraîné un vif débat au Maroc sur une criminalisation des accusations d’apostasie, faisant écho aux travaux en Tunisie autour de la nouvelle Constitution, qui dispose d’une interdiction des « appels à l’accusation d’apostasie ».

Une proposition de loi a ainsi été déposée, selon la presse marocaine, au Parlement par le parti Authenticité et modernité (PAM, opposition) afin de « criminaliser l’excommunication », tandis que d’autres voix salafistes ont à l’inverse appelé à pénaliser « l’athéisme ».

Le Maroc a adopté une nouvelle Constitution à l’été 2011, en plein Printemps arabe, sur initiative royale. Elle spécifie que « l’islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes ».

Moins progressiste que la tunisienne, elle appelle toutefois l’Etat à « oeuvrer à la réalisation de la parité homme-femmes », ou encore consacre « le droit à la vie » comme « droit premier de tout être humain », une disposition largement mise en avant par les partisans d’une abolition de la peine de mort, objet d’un moratoire depuis 1993.

Dès 2004, la réforme du code de la famille menée par le roi Mohammed VI a par ailleurs rendu la polygamie plus difficile, mais sans l’interdire: elle requiert actuellement l’accord des autres épouses et une autorisation du tribunal.

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