Maroc : Les oulémas dénoncent l’amalgame entre salafisme et terrorisme

Maroc : Les oulémas dénoncent l’amalgame entre salafisme et terrorisme

Plusieurs centaines d’oulémas ont participé jeudi à Rabat à une conférence visant à battre en brèche les amalgames entre salafisme et terrorisme, sur fond de lutte croissante des autorités du Maroc contre l’extrémisme.

Le salafisme, mouvement sunnite qui revendique un retour à un islam des origines, celui des « pieux ancêtres », a été « dévoyé par certains », a déploré le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq.

Fin XIXe-début XXe, le « salafisme historique », et contrairement à la conception intégriste qui ne retient que le rigorisme, s’était imprégné de l’idée de « renaissance, concept venant d’Europe » dans un contexte de lutte pour l’indépendance des nations arabes, a-t-il relevé devant l’auditoire constitué de plusieurs centaines d’oulémas venus de toutes les régions du royaume.

Un livret intitulé « salafisme: définition du concept et connaissance du contenu » –le thème du colloque– a été distribué aux participants, pour la plupart vêtus d’une djellaba traditionnelle blanche.

Les « guerres et les conflits d’aujourd’hui sont le résultat d’une pensée qui s’écarte de la modération et de la tolérance pourtant établies par la charia », la loi islamique, avance notamment le document.

« Le salafisme a été pollué par le takfir » (excommunication) et certains l’ont « transformé en projet de destruction et de décapitation », a affirmé à l’AFP Mohamed Fizazi.

Considéré comme un des principaux théoriciens de la Salafia Jihadia, un mouvement intégriste, ce prédicateur avait été arrêté et condamné dans la foulée des attentats de mai 2003 à Casablanca. Il s’était rapidement désolidarisé des attaques puis avait bénéficié d’une grâce royale. L’an dernier, il a assuré un prêche inédit devant le roi, insistant sur « l’importance de la sécurité et de la stabilité pour exercer sa foi ».

Traumatisé par ces attentats, qui avaient fait 33 morts, le Maroc s’est par la suite efforcé d’encadrer le champ religieux, à travers la promotion d’un islam « tolérant », basé sur le rite malékite, le rite officiel de l’islam sunnite au Maroc.

Dans une dernière initiative en date, un institut de formation d’imams marocains et étrangers a été inauguré le mois dernier à Rabat par le roi Mohammed VI.

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