Ali Anouzla veut rouvrir son site « Lakome »

Ali Anouzla veut rouvrir son site « Lakome »

Le journaliste Ali Anouzla, poursuivi depuis septembre 2013 au Maroc pour « aide au terrorisme » et dont l’arrestation avait fait grand bruit, a confirmé mercredi avoir demandé la réouverture de son site d’informations « Lakome », et assuré être prêt à en ouvrir un nouveau en l’absence de réponse.

M. Anouzla a été arrêté le 17 septembre à Rabat pour avoir publié sur la version arabophone de Lakome un lien vers une vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad, dans le cadre d’un article consacré à ce document inédit.

Inculpé pour « aide matérielle », « apologie » et « incitation au terrorisme », ce journaliste connu pour ses positions critiques à l’égard des autorités a été remis en liberté provisoire un mois plus tard, à la suite d’une campagne de mobilisation au Maroc et à l’étranger.

Entre-temps, l’accès aux versions francophone et arabophone de Lakome a été bloqué dans le royaume, les autorités se basant sur une demande de suspension « provisoire » formulée par Ali Anouzla lui-même avant sa sortie de prison.

Intervenant mercredi devant la presse, M. Anouzla a toutefois confirmé les informations selon lesquelles il avait « écrit début janvier au parquet de Rabat pour demander la réouverture de Lakome ».

« Si je ne reçois pas de réponse dans les prochains jours, je vais lancer un nouveau site que nous appellerons +Lakome2.com+ », a-t-il enchaîné.

Cette prise de position intervient au lendemain d’une nouvelle comparution du journaliste devant un juge d’instruction de Salé, près de Rabat, qui a fixé la prochaine audience au 20 mai.

Aux termes de la loi antiterroriste votée en 2003 après une vague d’attentats à Casablanca, Ali Anouzla risque jusqu’à 20 ans de prison, selon l’ONG Amnesty International, qui s’est mobilisé dans ce dossier au même titre que Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF).

En octobre, tout en exprimant son « soulagement » à l’annonce de sa libération, RSF avait demandé « l’abandon des charges qui pèsent toujours contre » lui.

Les détracteurs de M. Anouzla lui ont reproché d’avoir offert une tribune à Aqmi, dont la vidéo d’une quarantaine de minutes fustige la monarchie marocaine et appelle au jihad.

Ses soutiens ont fait valoir que Lakome avait prévenu d’emblée qu’il s’agissait d’une vidéo de « propagande ».

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Maroc

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