Maroc Justice : « La Charte de la réforme de la justice » fin prête

Maroc Justice : « La Charte de la réforme de la justice » fin prête

Le gouvernement marocain a mis en place une « feuille de route » devant permettre de renforcer l’indépendance de la justice et combattre plus efficacement la corruption, alors que les islamistes au pouvoir ont fait de la lutte contre ce fléau une priorité.

« La Charte de la réforme de la justice », dévoilée jeudi soir à Rabat, intervient au terme d’un « processus de dialogue national » mené sur une année et comprend « six points stratégiques », a rapporté vendredi l’agence MAP.

Elle consiste notamment à renforcer l’efficacité et l’indépendance du pouvoir judiciaire, moraliser son fonctionnement, ou encore à consolider la protection des droits de l’Homme et des libertés, selon la même source.

« C’est une plateforme pour le futur, qui dépasse les ministres et les gouvernements. C’est une réforme sociétale, élaborée aussi bien par des magistrats et des juristes que des militants », a déclaré à l’AFP le ministre de la Justice, Mustapha Ramid.

Commentant la charte, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, cité par la MAP, a pour sa part estimé qu’elle constituait « une feuille de route », et exprimé « la disposition du gouvernement à mettre en oeuvre tous les outils nécessaires pour faire réussir ce chantier ».

« On ne peut concevoir l’évolution d’un pays sans un système judiciaire dont les maîtres mots sont l’indépendance, la moralisation et la transparence », a clamé M. Benkirane, relevant que « les dispositions de la nouvelle constitution ont érigé la justice en pouvoir indépendant ».

Dans le contexte du Printemps arabe, le Maroc a adopté à l’été 2011 une nouvelle constitution censée répondre aux aspirations de bonne gouvernance.

Quelques mois plus tard, les législatives ont été remportées par le parti Justice et développement (PJD), mouvement islamiste jusque-là cantonné dans l’opposition, qui a fait de la moralisation de la vie publique un des ses chevaux de bataille.

Fin 2012, l’ONG Transparency Maroc a toutefois affirmé que ce nouveau gouvernement n’avait réalisé aucun progrès contre la corruption, malgré ses promesses.

L’application de la réforme « sera la responsabilité de tous, de l’ensemble de la société », a fait valoir auprès de l’AFP M. Ramid, tout en assurant que des mesures fortes avaient d’ores et déjà été prises.

« Il ne faut pas oublier que neuf juges ont été récemment mis à l’écart, et cela a été publiquement annoncé. Une première », a-t-il noté.

Le lancement de la réforme de la justice intervient par ailleurs quelques semaines après une grâce royale accordée par erreur à un pédophile espagnol condamné à 30 ans de prison, une décision rapidement annulée face à la vague d’indignation.

A ce titre, le ministère de la Justice a été chargé par le roi Mohammed VI de définir des mesures de façon à « verrouiller les conditions d’octroi de la grâce ».

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