Ali Anouzla envoie une lettre à Benkirane pour ouvrir son site internet

Ali Anouzla envoie une lettre à Benkirane pour ouvrir son site internet

Le journaliste Ali Anouzla, dont l’arrestation pour « aide au terrorisme » avait entraîné une vague de protestations, a affirmé avoir écrit au chef du gouvernement marocain afin de protester contre la fermeture persistante de son site internet.

Ali Anouzla avait été arrêté en septembre à Rabat pour avoir publié sur la version arabophone de Lakome, qu’il dirige, un lien vers une vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad et fustigeant la monarchie marocaine, dans le cadre d’un article consacré à ce document inédit.

Inculpé pour « aide matérielle », « apologie » et « incitation au terrorisme », il est sorti de prison après un mois de détention et une campagne de mobilisation au Maroc et à l’étranger, mais est toujours poursuivi.

Le Département d’Etat américain, entre autres, avait exprimé son « inquiétude ».

Le journaliste avait sollicité la « fermeture provisoire » du site jusqu’à sa sortie de prison. Il a affirmé samedi avoir déjà effectué deux demandes de réouverture de Lakome, qui compte deux versions, arabophone et francophone.

« L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a répondu en me disant de m’adresser à l’autorité judiciaire compétente », a-t-il déclaré à l’AFP, dénonçant une « contradiction ».

« Le site n’a pas été arrêté sur décision de justice mais par le biais d’une demande directe (à l’ANRT), alors pourquoi devrais-je aller au tribunal? », s’est-il interrogé.

Dans son courrier au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, Ali Anouzla, connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, affirme que « la poursuite du blocage du site (…) reflète une décision arbitraire affectant mes droits ».

« En votre qualité de président du Conseil d’administration de l’ANRT, je vous demande d’intervenir en urgence », ajoute-t-il.

Une source ministérielle, sous couvert d’anonymat, a rejeté toute responsabilité gouvernementale. « Le site a été fermé suite à une demande de la personne concernée, et cette affaire se trouve entre les mains de la justice », a-t-elle jugé.

M. Anouzla doit à nouveau comparaître devant un juge d’instruction le 20 mai. Aux termes de la loi antiterroriste votée en 2003 après une vague d’attentats à Casablanca, il risque jusqu’à 20 ans de prison, selon Amnesty International.

Le Maroc a par ailleurs porté plainte en Espagne contre la société éditrice du journal El Pais pour avoir diffusé cette vidéo d’Aqmi.

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