Maroc, France, Hollande

Maroc, France, Hollande
0 commentaires, 03/04/2013, Par , Dans Chroniques, Couverture

Oyez braves gens, le président Hollande est dans nos murs. Repeignons nos murs. Faisons venir les parlementaires pour écouter le président, faisons partir les Rajaouis pour ne pas déranger le président. Faisons sortir dans les rues le maire de Casablanca pour tout surveiller, mais faisons entrer quelque part les mendiants et autres clodos pour ne pas tout dépareiller… les trottoirs sont peints en rouge, blanc et… vert ; le bleu aurait peut-être été meilleur, mais dommage c’est la couleur de l’UMP, et tant pis si la combinaison vert, blanc, rouge évoque l’Italie ! Les policiers, habituellement si rares dans Casablanca, sont aujourd’hui postés par grappes à tous les feux rouges, qui fonctionnent.

Personne au consulat, personne à l’ambassade ne dira à François Hollande qu’en quelques jours de préparation de sa visite au Maroc, les Marocains se sont arrangés pour créer une crise politique, une crise sportive et des énervements sociaux.

Abdelilah Benkirane a convoqué une session extraordinaire pour écouter Hollande dire à nos preux élus deux ou trois trucs, mais les élus refusent de voter lors de cette même session un ou deux projets de lois… Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne légifère pas, Monsieur, on applaudit.

Le Raja devait jouer à Casablanca contre un club du Koweït, mais les autorités de la ville, occupées à des choses plus sérieuses, leur ont dit d’aller jouer ailleurs… Ô Raja, o désespoir, o maladresse honnie…

Le convoi royalement présidentiel ou présidentiellement royal devra passer par l’avenue Mohammed VI en route pour Médiouna, alors du coup, les lieux ont repris un aspect que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les marchands ambulants ont subitement trouvé du travail, tous, puisqu’ils ne sont plus là, et les riverains ont soudainement considéré, unanimement, que les façades de leurs échoppes devaient être peintes en blanc immaculé, virginal… et autofinancé. Et vite.

Les chaussées ont été réaménagées et placées sous la surveillance de la maréchaussée ; les agents de l’Intérieur sont tous à l’extérieur. Tous les édiles sont brusquement devenus utiles, et Sajid s’agite. Les services de la propreté de la ville découvrent curieusement les vertus de l’hygiène, car la préfecture veut soigner la devanture. La population, elle, tantot se marre, tantot se barre.

Et puis, Benkirane rencontrera sûrement Hollande et tous deux, ils compareront leurs popularités respectives après un an aux affaires ; le premier est de droite de tendance islamique, l’autre est de gauche en situation critique. Le président a mis un genou à terre, et hésite pour l’autre ; le chef, lui, a pris appui des deux pieds sur les démons et les crocos et plane sur son nuage… Il est parfois Benkiplane , parfois Benkicrane .

Ensuite, une fois que le président aura bu du thé au parlement, rebu du thé à la présidence du gouvernement, il partira jeudi au crépuscule à l’heure où noircit la campagne ; et ici, ah tu verras, tu verras, tout recommencera… les députés s’absenteront, et quand ils viendront, s’étriperont ; les marchands ambulants déambuleront, les policiers des carrefours disparaîtront, les agents de l’extérieur, à l’Intérieur repartiront et les murs et trottoirs, eux, tomberont…

Mots Clefs:
Maroc

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