Maroc : Début de la libéralisation des prix des carburants

Maroc : Début de la libéralisation des prix des carburants

Le gouvernement  au Maroc a mis en oeuvre lundi une libéralisation « partielle » des prix des carburants, premier acte d’une réforme sensible qui doit lui permettre de maîtriser son déficit public, la subvention des produits pétroliers représentant un gouffre financier.

Aussitôt entrée en vigueur, cette mesure a entraîné une hausse des prix à la pompe de près de 5% et 8,5% pour l’essence et le gazole, selon des chiffres officiels.

Désormais, ces prix, ainsi que celui du fioul industriel, seront réévalués mensuellement: si la fluctuation du baril de brut est comprise entre -2,5% et +2,5% sur les deux derniers mois, ils demeureront inchangés. Dans le cas contraire, l’évolution des cours sera directement répercutée à la pompe.

Par cette mesure, le gouvernement entend limiter l’impact des variations des cours mondiaux sur les finances publiques.

La subvention des produits pétroliers représente en effet près de 90% du coût total de la « caisse de compensation », qui a atteint 55 milliards de dirhams (6,6 milliards de dollars) en 2012.

Dans le budget 2013, le montant alloué à la « compensation » –qui subventionne aussi des produits tels que la farine et le sucre– a été fixé à 40 mds de dirhams (4,8 mds USD), sur la base d’un baril à 105 dollars. Cette enveloppe risquait à nouveau d’être insuffisante.

Validée le mois dernier par le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, l’indexation des carburants s’avère sensible socialement. Des appels à manifester ont été lancés ces dernières semaines à l’évocation de la mesure.

Les autorités ont pris soin de souligner que cette indexation était « partielle » –elle ne concerne pas tous les produits pétroliers– et « limitée » (une assurance a été souscrite dans le cas d’une envolée des prix du baril). Des « mesures d’accompagnement » sont en outre prévues pour les professionnels, afin d’éviter une inflation généralisée.

« La force de ce gouvernement est de prendre une décision qui n’est pas populaire mais qui doit être prise », a renchéri le ministre en charge de la Réforme, Najib Boulif, lors d’une récente rencontre avec quelques médias.

Le Maroc s’est engagé à ramener son déficit public à 5,5% du PIB fin 2013.

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